La Kabylie répond au casus belli du régime arabo-islamo-baâthiste d’Alger. Plus d’une centaine de blessés dans les rangs des manifestants - Site perso de Mohamed ZIANE-KHODJA

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La Kabylie répond au casus belli du régime arabo-islamo-baâthiste d’Alger. Plus d’une centaine de blessés dans les rangs des manifestants


       


La Kabylie répond au casus belli du régime arabo-islamo-baâthiste d’Alger

PLUS D’UNE CENTAINE DE BLESSES

DANS LES RANGS DES MANIFESTANTS



© Tamurt Info | Lundi 21 avril 2014 | 11:39
Saïd TISSEGOUINE


La Kabylie répond au casus belli du régime arabo-islamo-baâthiste d’Alger. Ces mots résument parfaitement les événements tragiques survenus, hier, à Tizi-Ouzou, à l’occasion de la commémoration du 34e anniversaire du Printemps Berbère et le 13e anniversaire du Printemps Noir. Ce rendez-vous programmé depuis longtemps par la grande famille militante et patriotique du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK), à sa tête Bouaziz Aït-Chebib, devait initialement être vécu comme un rendez-vous pacifique.

En effet, selon le programme du MAK, la manifestation commémorative du Printemps kabyle devait être traduite par une marche pacifique à partir du portail Hasnaoua jusqu’au centre-ville. Hélas, les dirigeants algériens, vulgaires outils de la France Néocoloniale, en ont décidé autrement. Ils ont effectivement ordonné aux policiers d’empêcher coûte que coûte la commémoration kabyle. Un empêchement qui vaut moralement un crime de lèse-majesté. En effet, tôt le matin du 20 avril 2014, tout le périmètre du portail de l’université Hasnaoua, lieu habituel du démarrage de la marche, a été quadrillé par des policiers équipés pour la confrontation et la guerre. Même des automitrailleuses ont été stationnées sur le boulevard Krim Belkacem. A quelques mètres seulement en haut du portail Hasnaoua, sur la route menant vers le carrefour du stade du 1er Novembre, la route est complètement barrée par l’important bouclier humain. En clair, c’est une véritable déclaration de guerre que signent les liges de la France néocoloniale à l’endroit du peuple autochtone d’Algérie.

Et contrairement à ce qu’ils ont pensé, les Kabyles ont répondu à leur casus belli. En effet, au lieu de prendre la fuite comme des maraudeurs surpris en flagrant délit de maraudage, ils ont vaillamment riposté à l’attaque des policiers. La confrontation physique d’une violence inouïe a commencé exactement à 10 h 45. Notons d’emblée qu’auparavant, le président du MAK a usé de toute sa sagesse pour persuader les policiers de laisser les manifestants faire leur marche « car tout ira pour le mieux ». Bouaziz Aït-Chebib leur a même posé la question sur le pourquoi du deux poids, deux mesures, c’est-à-dire sur le pourquoi d’avoir autorisé la marche du 15 et le refus de celle-ci. Les policiers ont répondu timidement que les initiateurs de la marche du 15 avaient un agrément et ce n’est pas le cas du MAK. A ce moment, Bouaziz Aït-Chebib leur répond qu’ « en ce qui nous concerne, notre agrément nous est octroyé par le peuple kabyle ». Et pendant ces pourparlers, les rangs du MAK ne cessaient de se gonfler. Devant l’obstination des policiers à exécuter coûte que coûte les ordres d’Alger et la volonté du peuple kabyle à exercer son droit inaliénable, qui est de commémorer le 34e anniversaire du Printemps kabyle et le 13e du Printemps Noir, la confrontation physique devint alors inévitable.

Les deux camps antagonistes étaient face à face. Policiers et manifestants des premiers rangs se touchaient presque avec le torse. Et au même temps, les cris fusaient de partout. C’est à ce moment que se déclencha l’étincelle. Ce fut alors le début de « la guerre ». Les policiers ont essayé de repousser les manifestants, et en guise de réponse, une grêle de projectiles s’abattit sur eux. Pierres, bouteilles en verre, morceaux de bois lancés à toute volée s’abattirent sur les policiers service d’un régime criminel. Ils firent un recul dans la précipitation. Beaucoup d’entre eux furent blessés. Leur fuite encouragea les manifestants qui redoublèrent d’effort dans le lancement des projectiles. Au même temps, ils firent une avancée considérable. Cette avancée au pas de course est accompagnée par une grêle de projectiles. A leur tour, les policiers ne tardèrent à se réorganiser. Cette réorganisation permit de repousser de quelques mètres les manifestants. Et dans leur contre-attaque, les policiers firent recours aux jets de pierre. Sur une plate-forme où ils suivaient la scène et en prenant des clichés, les journalistes et les photographes furent soudainement pris pour cibles. Ils furent ciblés par des jets de pierres. L’attaque vint du camp des policiers. Une chose est sûre, l’agression contre la presse n’est pas venue du côté des manifestants.

Après de longs et durs affrontements, le calme revint dans les deux camps antagonistes. Les chefs de la police ont donné des ordres à leurs troupes de se calmer et les manifestants ont reçu les mêmes directives de la part des organisateurs. Et comme au début, les deux camps se retrouvèrent face à face ; mais dans le calme. Cette fin des hostilités ne dura pas hélas plus de cinq minutes. En effet, à ce moment une véritable marée humaine arriva sur les lieux à partir de la descente du carrefour du 1er Novembre. Les manifestants scandaient des slogans à la gloire de la Kabylie. Les policiers se trouvant face aux premiers manifestants, constatèrent qu’ils étaient pris en étau. Et au lieu de garder leur sang-froid en restant à leur position, ils préférèrent prendre la fuite avec l’intention de rejoindre leurs camarades qui étaient en position sur le chemin longeant l’université par le haut. Encouragés par cette fuite, les manifestants se trouvant en face du portail de l’université Hasnaoua et ceux qui venaient d’arriver donnèrent aussitôt l’assaut. Ce fut alors un nouveau round d’une confrontation d’une violence à faire fuir d’horreur les âmes sensibles. Jets de pierres et de bouteilles, courses poursuite, attaques, contre-attaques, des corps se retrouvant parterre, des coups de pieds et de poings, cris d’horreur, cris de guerre, des plaintes, des gémissements de douleur et tant d’autres conséquences venant d’affrontements où les éléments des deux camps antagonistes semblent s’habituer à la violence. Les mots allongés sur un bout de papier ne peuvent renseigner à eux seuls le degré de cette violence. Les manifestants ont fait preuve d’un courage de lions. Même les femmes kabyles ont été de la partie. Cependant, il y a lieu de noter que certains individus venus participer à la manifestation au nom du MCB ont préféré se disperser au début des émeutes. Seuls les dirigeants du MAK étaient restés sur le terrain où ils ont affronté l’enfer de la violence. Les blessés furent conduits au CHU de Tizi-Ouzou où ils furent pris en charge.

Alger doit comprendre qu’il n’est pas du tout de son intérêt de s’attaquer à la Kabylie comme il doit comprendre aussi que les policiers qu’il a mobilisés sur ce sentier de la guerre ne sont pas ses outils. Tout d’abord ce sont des êtres humains. Ensuite, ils ont chacun une famille qui tient à eux. Les policiers, de leur côté, doivent apprendre que leurs frères sont ceux avec qui ils se sont durement battus aujourd’hui à Tizi-Ouzou et non ceux, à partir de leurs salons huppés, les envoient au charbon. Avec le courage dont ils ont fait preuve face aux manifestants kabyles, ils doivent – car ils le peuvent – apprendre à dire non aux dirigeants traîtres d’Alger. Ceux-ci doivent également comprendre que ni eux, ni leurs maîtres de Paris ne peuvent arrêter la marche de la liberté du peuple kabyle.

Addenda : Paniqué à l’idée que le monde apprenne ce qui s’est passé à Tizi-Ouzou, Alger a cru bon d’ordonner à l’ACTEL de Tizi-Ouzou à la coupure du réseau Internet. Ce fut un coup d’épée dans l’eau car au moment de la déconnection, des dépêches ont été envoyées un peu partout dans le monde. Par ailleurs, la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, devenue la boite à faire consommer aux innocents citoyens le discours et la politique rétrogrades du régime d’Alger, a abrité au cours de cette journée du 20 avril une rencontre de prétendus porte-parole du monde amazigh. Des hommes habillés de costumes tirés à quatre épingles, pendant que les manifestants kabyles et les policiers vivaient l’enfer de la violence sur le terrain, discouraient sur feu Mouloud Mammeri dans l’espace confortable de l’institution portant son nom. Ces faux intellectuels mais vrais professionnels de la propagande, au lieu de parler de l’origine et la portée du mouvement I980, événement historique qu’ils n’ont jamais vécu, ont parlé de l’ écrivain disparu. Et naturellement, les caméras de l’ENTV qui sont « la propriété exclusive du régime d’Alger » ont filmé cette rencontre destinée à détourner le véritable message du 20 avril I980. Et comme Alger doutait des résultats de ses employés chargés de palabrer sur le 20 avril, il a chargé également deux équipes de techniciens de la même ENTV pour filmer des scènes voulues comme « festivités de 20 avril ». Une image a consisté à montrer un couple déposer une gerbe de fleurs sur la tombe de Lounès Matoub et l’autre à montrer une femme en train de rouler du couscous. Des images qui n’ont aucune corrélation avec la journée du 20 avril. Après les plats de couscous au poulet d’Ould-Ali El-Hadi que personne n’a voulu manger, voilà qu’on descend une marche puisqu’on se limite cette année à montrer tout simplement une femme roulant son couscous.

 
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