Omar Belhouchet, directeur d'El Watan : «Nous respecterons la décision de la justice même si elle doit nous jeter en prison» - Site perso de Mohamed ZIANE-KHODJA

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Omar Belhouchet, directeur d'El Watan : «Nous respecterons la décision de la justice même si elle doit nous jeter en prison»

      JEUDI 06 MARS 2008   >>     2001 | 2005 | 2006 | 2007 | 2008


       


Omar Belhouchet à La Dépèche de Kabylie

" NOUS RESPECTERONS LA DECISION DE LA JUSTICE
MEME SI ELLE DOIT NOUS JETER EN PRISON "



© La Dépêche de Kabylie | Jeudi 06 mars 2008
Nabila BELBACHIR


Dans cet entretien qu’il a bien voulu nous accorder, le directeur d’El Watan revient sur la condamnation dont il a fait l’objet, de même que son chroniqueur Chawki Amari. Pour lui, ce verdict est la conséquence de l’arsenal juridique réprimant le délit de presse instauré il y a quelques années. "Arsenal injuste et à refaire" estime-t-il notamment .

La Dépêche de Kabylie :
Après le verdict prononcé, hier (avant-hier, ndlr), peut-on avoir votre réaction ?

O. Belhouchet :
Je suis choqué par cette décision sachant que c’est une chronique et qu’il n’y a pas bien de prononcer de peine contre ce genre d’écrit, surtout que cela a été fait  en appel au niveau de la cour. Il y a des risques que l’on aille en prison… même si  je considère que la justice n’a pas à prononcer des peines de prison ferme contre des journalistes.

Légalement, peut-t-on condamner un délit de presse pénalement ?

Légalement oui. C’est ça le  problème dans notre pays. On s’est battu  en 2001 et en 2002 quand  le gouvernement a proposé à ce que le délit de presse soit pénalisé et que  les journalistes et les directeurs des journaux aillent en prison pour leurs écrits et cela a été introduit dans la loi ; les juges se cachent derrière ces nouvelles dispositions de loi pour proposer des peines  de prison.  La loi est très sévère  chez nous, il faut la refaire, elle est injuste dans notre pays, s’agissant des délits de presse. Nous sommes l’un des rares pays au monde à avoir une loi sur les délits de presse aussi sévères. Il y a beaucoup de  pays africains qui sont dans des situations de transition   démocratique mais qui n’ont pas tout de même cet arsenal juridique extrêmement sévère contre les journalistes.

Prévoyez-vous une action pour dénoncer ce verdict ?

Nos avocats ont, ce matin (hier ndlr),  introduit  un pourvoi en  cassation auprès du tribunal de Jijel. La Cour suprême va étudier dans les prochains jours cette décision  du tribunal. Nous attendons avec beaucoup de sérénité, de sang-froid  et de calme la décision de la Cour suprême. Quelle que soit cette décision, nous la respecterons même si elle doit nous mener en prison.


 
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