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Club de la presse de Lyon. Nouvelle agression contre la presse indépendante en Algérie

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Club de la presse de Lyon


NOUVELLE AGRESSION CONTRE LA
PRESSE INDEPENDANTE EN ALGERIE



© Club de la presse de Lyon | juin 2004


Nous avons appris la condamnation de notre confrère Mohamed Benchicou, directeur du quotidien algérien Le Matin, à deux ans de prison ferme. Arrêté au tribunal, comme un vulgaire malfaiteur, sans pouvoir faire valoir ses droits au recours comme le prévoient les procédures judiciaires de son pays, il a été condamné à une peine de prison de deux ans ferme avec mandat de dépôt et une amende de 20 millions de DA (200.000 euros).

Cette condamnation est un mauvais coup porté contre la liberté d'expression. Un jugement politique, qui intervient après celui du journaliste Hafnaoui Ghoul, condamné lui aussi, le 9 juin dernier, à deux mois de prison ferme, pour avoir révélé des malversations à Djelfa (sud d’Alger). Lors du procès qui vient d'avoir lieu à Alger, aucune preuve n'a pu être produite contre Mohamed Benchicou. On se souvient en revanche des menaces proférées par le ministre de l'Intérieur, M Zerhouni, contre celui qui avait révélé, sur témoignages, son passé de tortionnaire dans les années 70 : « Le directeur du Matin va le payer », a t-il déclaré le 25 août 2003 lors d’une conférence de presse. Le pouvoir en place n’a pas oublié que M Benchicou avait publié un livre intitulé : "Bouteflika, une imposture algérienne" et qu’il dirige un journal qui a vigoureusement fait campagne contre la candidature de M Bouteflika.


Abdelaziz Bouteflika, qui n’a jamais caché son hostilité à la liberté de la presse et au multipartisme, veut ainsi tenir ou museler la presse. Depuis le mois d’août 2003, les responsables des titres indépendants ont fait l’objet d’un harcèlement quasi-quotidien : convocations, interpellations et condamnations de journalistes à de fortes amendes et à des peines de prison avec sursis. Suspension de cinq journaux durant deux semaines - El Khabar, Akher Essaa et El Fedjr (arabophones), le Matin, le Soir d’Algérie, Liberté et El Watan (francophones) - sous prétexte de non-paiement de factures aux imprimeries d’État. Le nombre de plaintes pour " diffamation ", " atteinte à la personne du chef de l’État " ou " à corps constitués ". contre ces journaux se chiffrent à plus d’une centaine.


Le pouvoir algérien reproche particulièrement au directeur du Matin d’avoir de soutenir les mouvements citoyens de Kabylie, des Aurès et du Sud et le combat des femmes pour le droit à la citoyenneté. On lui a reproché également son soutien aux démocrates et d’avoir dénoncé les multiples atteintes aux libertés d’expression et de la presse, alors que, par ailleurs, le pouvoir en place noue des relations incestueuses avec les islamistes radicaux.



URL: http://www.clubpresse.com/lyon/news/191/


 
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