Le Mise au point de Amara Benyounès - Site perso de Mohamed ZIANE-KHODJA

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Le Mise au point de Amara Benyounès

      LUNDI 25 SEPTEMBRE 2006   >>     2006 | 2007

«[...] Faut-il renoncer à informer, à dire et écrire librement ? Non. Aujourd'hui plus que jamais, non ! Cette flamme qui nous a fait, hier à l'heure de la lame assassine, relever les défis et donner la force de croire et de continuer, nous anime toujours. Elle peut vaciller, jamais s'éteindre. J'en suis convaincu. J'ai raison de croire, comme vous avez raison de croire et de continuer: la presse algérienne sera libre ou ne le sera pas...»

Mohamed BENCHICOU


       


Mise au point de Amara Benyounès

À MON AMI BENCHICOU



© Le Soir d’Algérie | Lundi 25 septembre 2006
Amara BENYOUNES


Ceci n’est pas une polémique et encore moins une réaction enflammée à votre écrit du jeudi 21 septembre 2006 qui ne manque pourtant ni d’excès ni de dérives. Juste un rappel apaisé de ce que vous m’y “reprochiez”. Me considérant moi-même libre de proposer un autre regard sur les choses et les hommes, je ne vous reprocherai jamais d’être différent, convaincu pour ma part que nous partageons beaucoup de convictions. Venons-en à l’essentiel.

L’élection présidentiel d’avril 2004 a été un événement dévastateur pour les républicains, en ce sens qu’elle a révélé leur désarroi et a accentué leurs divisions. Incapables de se rassembler autour d’un projet et constituer une alternative, ils se sont présentés en rangs dispersés. Ils ont soutenu Abdelaziz Bouteflika ou Ali Benflis, ont cédé au péché mignon des candidatures folkloriques ou à celui du boycott. Par ce comportement, les démocrates ont prouvé une fois de plus qu’ils étaient d’accord sur tout sauf sur l’essentiel, c’est-à-dire présenter des candidatures communes afin de gagner les élections et mettre en œuvre leur projet de société. Pour sa part, et pour des raisons connues, le FLN a pu colmater les brèches et se ressouder pour se maintenir au pouvoir. Face à l’impasse, nous avons décidé de ne pas nous taper la tête contre le mur et d’adopter une autre démarche, résumée par le slogan “La politique autrement”. Je reste convaincu que les enjeux sont les mêmes qu’au début des années 90. Il n’en demeure pas moins que les acteurs et les méthodes du courant islamiste ont changé, d’où l’effort d’adaptation qui n’est en rien un renoncement au projet républicain, objectif ultime de l’UDR et de tous les patriotes algériens. Si le FIS et ses dirigeants, responsables d’un complot criminel contre l’Algérie sont dépassés, l’islamisme politique a enfanté d’autres visages, d’autres méthodes d’action et un autre discours. L’islamo-conservatisme, sous sa nouvelle forme, est beaucoup plus dangereux que l’ancien parce que plus politique, donc nécessairement plus efficace. Les démocrates, eux, sont restés désespérément figés dans une position et dans un discours très peu en rapport avec ces évolutions dont ils ne semblent pas mesurer les dangers. Cette attitude qui s’apparente à une cécité politique est le résultat d’un entêtement à s’enfermer dans une logique d’opposition stérile. Sur le terrain, leurs divisions s’accentuent. On ne sait par quel miracle les artisans de l’arrêt du processus électoral que vous avez applaudi avec nous auraient subitement disparu des institutions de l’Etat. Ainsi, il n’y aurait plus de démocrates au sein de l’armée, des services de sécurité et dans l’ensemble de l’administration. Ne seraient donc démocrates que les opposants invétérés, l’opposition étant élevée au rang de choix stratégique. Pour ma part, je demeure convaincu que la frontière politique ne se situe pas entre les républicains et le pouvoir mais entre les islamo-conservateurs et les républicains modernistes. Personne n’a le monopole de la démocratie et les démocrates sont partout. Ils sont dans les partis, au sein de l’armée, dans toutes les institutions de la République et, plus largement dans la société. Il s’agit d’œuvrer à l’édification d’un grand parti rassembleur susceptible de constituer une alternative républicaine. C’est une raison d’être et d’espérer. S’agissant de mon rapport personnel et de celui de l’UDR au président, nous avons comme ligne de conduite de toujours juger un homme sur ce qu’il dit et sur ce qu’il fait, et non sur les intentions qu’on peut lui prêter. En tout état de cause, l’UDR assume publiquement ses choix et ses partenaires, et refuse les alliances honteuses comme semblent les affectionner certains. C’est une attitude nouvelle dans les rangs des démocrates et je comprends aisément qu’elle puisse déranger. Vous pouvez ne pas partager cette analyse comme c’est le cas mais cela ne fait pas de moi pour autant un “Papon, un Bousquet, un collaborateur accessoirement président de l’UDR, un transporteur d’explosifs responsable du retour du FIS, une politique cupide porteur d’un projet vichyste et capitulard qui troque sa petite nuisance contre un strapontin, un angoissé de vieillir stérilement dans l’opposition, un ménauposé politique abandonnant ses convictions”, bref un traître ! Si tant est qu’il est opportun et productif d’en découdre avec l’UDR, j’aurais attendu de vous d’autres arguments que ce chapelet d’injures indignes de votre talent. Pendant que vous contribuez, involontairement sans doute, à disloquer un peu plus le camp républicain en vous en prenant à l’UDR, à nos amis du MDS et à un de vos confrères qui a sans doute l’outrecuidance d’avoir sa propre lecture des événements, le FLN, le MSP, Nahdha et El Islah souhaitent la bienvenue à un ex-responsable du FIS et travaillent de concert à la réussite de leur projet. Alors qui se trompe de porte, cher ami ? Il faut toutefois dire que si votre intervention, malgré son caractère excessif et injuste, pouvait être le prélude à un débat sérieux entre les acteurs de la mouvance républicaine, et si Le Soir d’Algérie acceptait d’en être le vecteur, alors vos excès auront été “féconds”.

Amicalement,


Amara BENYOUNÈS


 
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