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Lounes Matoub, l’éternel

Kabylie > Matoub Lounès > 2013
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Il aurait eu 57 ans aujourd’hui

LOUNES MATOUB, L’ÉTERNEL


© La Dépêche de Kabylie | Jeudi 24 janvier 2013
M.O. B

Un grand gala en hommage lui sera dédié aujourd’hui à la maison de la culture de Tizi-Ouzou à partir de 14 heures.

Il aurait eu 57 ans aujourd’hui, si les forces du mal n’avaient pas décidé de mettre fin à ses jours un certain 25 juin 1998. Cela dit, Lounes Matoub, puisque c’est de lui qu’il s’agit, malgré sa tragique disparition, reste toujours vivace dans les esprits. Sa popularité reste, en effet, intacte en Kabylie et ailleurs. La démonstration de l’amour, que lui porte, encore et toujours, la région pour laquelle le chantre s’est sacrifié, sera encore une fois, donnée aujourd’hui à l’occasion de la célébration de 57e anniversaire de sa naissance. Matoub est né, en fait, le 24 janvier 1956 à Taourirt Moussa, à Beni Douala. Ils seront, certainement, nombreux ceux qui vont faire, aujourd’hui, le déplacement à la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou qui abritera les festivités qui seront ponctuées par un gala artistique qui sera animé par Yasmina, Lounes Kheloui et Said Khazem. Pour les uns et les autres, cette manifestation, initiée par la fondation qui porte le nom du chantre, sera une occasion pour témoigner leur éternelle sympathie pour le rebelle que la Kabylie porte toujours dans le cœur. Lounes mérite, en effet, tous les égards pour tout ce qu’il a offert à la culture, l’art et surtout à la cause identitaire berbère. Une cause pour laquelle il a sacrifié sa vie en dépit d’un parcours parsemé d’embûches. Ni le pouvoir dictatorial de l’époque, qui a usé d’intimidations et autres moyens de pression contre lui, encore moins les islamistes, pour lesquels il n’a pas cessé de déclarer ouvertement son hostilité, ne l’ont dissuadé de mener à bien son combat «pour une Algérie meilleure et une démocratie majeure». Un combat au cours duquel, l’enfant d’Ath Douala en avu de toutes les couleurs. Il a d’ailleurs, été grièvement blessé par la gendarmerie. C’était lors des événements de 1988, alors qu’il se rendait à Ain El Hammam. On a  voulu en finir avec lu, alors déjà. Mais, c’était sans compter sur son courage et son attachement à la vie et à sa Kabylie qui l’a vu grandir. Après plusieurs mois de dures souffrances sur le lit d’hôpital et l’autre combat qu’il a mené contre le mort, Lounes finira par revenir à ses fans et  continuer sa lutte acharnée pour la démocratie. Il revient plus fort encore, après cette expérience. Il durcira le ton contre les ennemis de la démocratie « imshaf- ni ». Ces derniers ne lui pardonnent pas. Ils l’enlevèrent le 25 décembre 1994. Sans le savoir,Ces intégristes islamistes ont eu à vérifier à quel point la Kabylie aimait son idole. C’était, d’ailleurs le cas, même en 1988 lorsqu’il a été touché à Ain El Hammam. Ainsi, jeunes et moins jeunes n’ont pas hésité à déclarer la guerre à ses ravisseurs qui ont dû regretter leur geste et fini par relâcher le rebelle, après quelques jours de séquestration, suite à la mobilisation citoyenne. Une mobilisation qui a encore donné des ailes à Lounes, qui a continué le combat, faisant fi de toutes les menaces qui le guettaient. Ses ennemis ont eu finalement raison de lui, en l’assassinant le 25 juin 1998, à Tala Bounane. Depuis, cet endroit ainsi que la maison de Matoub sont devenus des lieux de pèlerinage pour toute une région qui n’a pas oublié son enfant prodige. Parce que, tout simplement, elle l’aimait d’un amour réel. Non, le poète n’est pas mort, n’en déplaise à ceux qui « ont tenté de l’assassiner » en 1998. Matoub Lounes est toujours dans les cœurs et le restera éternellement. Outre son combat pour Tamazight et la démocratie, Lounes était, aussi un chanteur et un poète hors pair. Ses œuvres sont tout simplement immortelles. Des générations entières s’y reconnaissent toujours. Dans ses textes, il a traité de tout. L’amour, la misère, le chômage, la déception, le chagrin… et le tout dans un style qui ne laisse pas insensible. Il était très sincère dans ses chansons. Avec sa voie unique, il se distinguait déjà depuis son premier album, Ayizem anda thelidh, en 1978. Depuis, il n’a cessé de gravir les échelons jusqu’à devenir incontestablement la vedette number one de la chanson kabyle. Matoub a édité une trentaine d’albums. Aujourd’hui, ses chansons sont apprises par cœur, par des jeunes et des moins jeunes.

 
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