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ALGERIE. Justice - Presse. Les marques de solidarité à Omar Belhouchet et Chawki Amari se poursuivent

      DIMANCHE 09, LUNDI 10, MERCREDI 12 , JEUDI 13 ET DIMANCHE 16 MARS 2008   >>     2001 | 2005 | 2006 | 2007 | 2008


       


Condamnation de Omar Belhouchet et Chawki Amari

LES MARQUES DE SOLIDARITE AUX DEUX
JOURNALISTES SE POURSUIVENT



© El Watan |Dimanche 09, lundi 10, mercredi 12 , jeudi 13 et dimanche 16 mars 2008


Union pour la démocratie et la République (UDR)

Par votre condamnation, les partisans de la presse unique et de la pensée unique confirment leur volonté de mainmise sur l’un des derniers bastions de la liberté dans notre pays. La chronique et la caricature n’ont de limites que celles que s’imposent leurs auteurs. La dépénalisation de l’acte d’écrire devient une urgence majeure. La concertation et le débat entre les forces de modernité et de liberté en vue d’une mobilisation la plus large possible sont devenus incontournables. Il y va de notre survie à tous. Le soutien et la solidarité des militants de l’UDR vous sont acquis durant cette épreuve de manière inconditionnelle.


Le secrétaire général, Amara Benyounès


Mouvement démocratique et social (MDS)

Le Mouvement démocratique et social (MDS) s’élève contre les dernières condamnations d’une justice sur ordre, des journalistes d’El Watan et assure ces derniers de son soutien indéfectible, en espérant que toutes les luttes quotidiennes des forces démocratiques trouveront l’espace adéquat dans notre presse, pour qui nous exigeons la dépénalisation du délit d’opinion.

Abdelkader Cherrar, député FLN Blida

J’ai appris avec tristesse et consternation votre condamnation pour délit de presse. Je considère celle-ci comme une atteinte grave à la liberté d’expression, un déni de justice, voire une hérésie par rapport à la nécessité pour notre pays de promouvoir et consolider la démocratie. Soyez assurés de ma sympathie et de mon entière solidarité. M. Miloud Brahimi, avocat agréé à la Cour suprême Cher ami, je tiens à vous exprimer mon entière et fraternelle solidarité, suite à votre condamnation consternante et inadmissible par la cour de Jijel. Avec toute mon amitié.

Rafik Hassani, député RCD de la circonscription France Nord

Soyez assurés, Chawki Amari et toi, du soutien absolu que Saïd Sadi et moi-même vous apportons dans cette épreuve difficile et inacceptable. Actuellement en tournée à Montréal, New York et Washington, nous ne manquerons pas d’attirer l’attention de nos interlocuteurs sur votre situation et sur l’intolérable harcèlement judiciaire que subissent en général la presse et les journalistes en Algérie. Vous souhaitant beaucoup de courage et de détermination, veuillez recevoir nos plus sincères salutations.


Coordination nationale des syndicats autonomes de la Fonction publique (CNSAFP)

La CNSAFP, au nom des travailleurs de la Fonction publique, exprime son soutien indéfectible à MM. Omar Belhouchet et Chawki Amari, respectivement directeur de la publication et chroniqueur au quotidien El Watan, suite à leur condamnation à deux mois de prison ferme avec dommage à partie plaignante. La CNSAFP considère que cette décision de justice relance, dans le contexte sociopolitique actuel, le débat sur les libertés en général et la liberté de la presse en particulier dans notre pays. La CNSAFP condamne énergiquement et appelle à la levée de toutes les formes de restriction qui menacent aujourd’hui la liberté d’expression, le libre exercice de l’activité syndicale et l’accomplissement du droit de grève.


P/ La CNSAFP le coordinateur


Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (SNAPEST)

Le bureau du SNAPEST, abattu par le verdict rendu à l’encontre des journalistes M. Belhouchet Omar et M. Chawki Amari, apporte son soutien indéfectible aux journalistes et les assure de sa mobilisation pour la défense des libertés chèrement arrachées par le sang des meilleurs enfants d’Algérie, pour que les Algériens et les Algériennes vivent libres.


Pour le bureau / M. Meriane Meziane


Comité d’initiative et de vigilance citoyenne (CIVIC) Oran

A la suite de l’injuste condamnation à des peines de prison et de lourdes amendes de MM. Omar Belhouchet et Chawki Amari, directeur et chroniqueur du journal El Watan, par le tribunal de Jijel, le CIVIC d’Oran tient à leur exprimer son soutien et sa solidarité ainsi qu’à l’ensemble de la presse écrite. Le CIVIC tient à dénoncer cette kleptocratie érigée en système de gestion de la société et ce mépris affiché l’égard des journalistes, qui irrite au plus haut point la population et qui refuse de confondre immunité des hauts fonctionnaires au service de l’Etat et impunité pour des actes criminels d’abus de biens sociaux, de trafic d’influence, faux et usage de faux, d’autant plus que la loi fondamentale affirme que les fonctions au service des institutions de l’Etat ne peuvent constituer une source d’enrichissement ni un moyen de servir des intérêts privés. C’est pourquoi et afin de crédibiliser cet Etat, les plus hautes autorités de l’Etat sont interpellées pour diligenter toute action en mesure de soumettre quiconque quels que soient sa fonction et son statut pour répondre de ses actes
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P. le CIVIC Benguesmia Chadly Mohamed


Comité de soutien en Allemagne pour la liberté de la presse en Algérie

Notre Comité de soutien en Allemagne pour la liberté de la presse en Algérie a appris avec étonnement la décision du tribunal de Jijel (Algérie), condamnant à deux mois de prison ferme le directeur du journal francophone El Watan, Omar Belhouchet, et son collaborateur Chawki Amari. Cette décision inadmissible est en contradiction avec la Constitution et les traités internationaux ratifiés par l’Algérie concernant la liberté d’expression. Par la correspondance ci-jointe, nous avons interpellé le ministre de la Justice du gouvernement algérien avec copies au président de la République et à l’ambassadeur en Allemagne pour reconsidérer ce verdict et mettre fin à la répression à l’encontre des journalistes algériens qui ont déjà payé un lourd tribut pendant la décennie noire. Les membres de notre comité sollicitent l’ensemble de nos compatriotes, les militants des droits de l’homme, les ONG et nos confrères de se solidariser avec MM. Belhouchet et Chawki et d’appeler les autorités algériennes à cesser ces pratiques d’un autre âge, du parti et de la pensée uniques.


P / le Comité B. Missoum, Berlin (Allemagne)


Mme Bada R., lectrice

J’exprime toute ma solidarité à Chawki Amari et à M. Belhouchet suite au honteux et infamant verdict à leur encontre. Il est clair que ce pouvoir veut museler les voix encore libres qui osent critiquer nos tout puissants prédateurs de ce pouvoir corrompu, sa gabegie, son incompétence et sa gestion désastreuse des affaires publiques. Moi, je vous remercie et réitère tout mon soutien et ma profonde sympathie. Bonne et longue continuation.



Dimanche 09 mars 2008


Abdelaziz Rahabi, ancien ministre

Mon cher Omar, je voulais juste te dire, ainsi qu’au chroniqueur Chawki Amari, toute ma réprobation devant une énième instrumentalisation de la justice que le pouvoir politique veut présenter comme une limite à la liberté d’expression alors qu’elle est par nature sa plus sérieuse garantie. Le calendrier politique va accentuer le verrouillage de l’expression des journalistes, des intellectuels, des syndicats autonomes... pour perpétuer un monologue en circuit fermé. Il y a peu de raisons que les mêmes hommes et les mêmes conditions ne produisent pas les mêmes effets. Bien fraternellement

Maâmar Farah, fondateur chroniqueur du Soir d’Algérie


« Au-delà de Omar et Chawki, c’est le symbole El Watan qui est visé ! » Consterné par le jugement arbitraire et scandaleux prononcé contre mes frères Omar et Chawki, je tiens à leur exprimer, ainsi qu’au quotidien El Watan, mon entière solidarité et toute ma sympathie. C’est un titre symbole qui est visé et tout indique que cette sentence dépasse la seule compétence du juge qui l’a prononcée tant elle est dangereuse et porteuse des plus graves menaces sur la presse indépendante. Elle vient rompre une période de « paix » entre le pouvoir et notre corporation, étape entamée au lendemain de la grâce présidentielle qui a concerné toutes les affaires jugées ou en instance, dans un signal fort qui mettait un terme à un véritable harcèlement. On sortait d’un véritable cauchemar qui a failli compromettre les chances de survie de nos titres fragilisées par un environnement sociopolitique défavorable, des conditions économiques précaires et une pression insoutenable de la part des autorités. Aujourd’hui, il est opportun de s’interroger sur les motivations réelles de cette décision qui frappe deux hommes parmi les plus prestigieux et les plus talentueux de la presse algérienne francophone. A chacun d’en tirer les conclusions qui s’imposent mais c’est au pouvoir, en premier, de bien en mesurer la portée alors que notre pays est classé parmi les plus répressifs en matière de libertés de la presse. Est-ce ainsi que l’on prépare la campagne pour le prix Nobel du président Bouteflika ? Je pense qu’il est urgent de plancher sur la question de la dépénalisation des écrits journalistiques : on met en prison les criminels et les bandits, pas les journalistes. Les jeter dans les geôles est un acte innommable qui rappelle les plus sombres périodes de l’histoire humaine et demeure le signe des pires dictatures. L’Algérie, son pouvoir politique, son Sénat et son Parlement doivent agir vite pour arrêter cet état de fait qui nous éloigne du statut de pays démocratique. A mes confrères éprouvés, je leur renouvelle toute ma solidarité et invite chaque homme libre de ce pays à en faire de même, en écrivant un e-mail, comme je l’ai fait, ou en envoyant un fax à notre cher El Watan auquel je souhaite davantage de succès sur la voie qu’il a choisie et qui nous honore tous. Votre frère

Parti Ahd 54

Le bureau de la wilaya de Bouira du parti Ahd 54 et l’ensemble des militants sont abattus par le verdict rendu à l’encontre des journalistes M. Belhouchet Omar et M. Chawki Amari Ils assurent ces derniers de leur soutien indéfectible à la liberté d’expression. Vive l’Algérie libre et indépendante.


M.Mohand Ameziane ABID, secrétaire de wiliya et ancien candidat aux élections législatives


Groupe parlementaire du RCD

Lors de sa réunion hebdomadaire du dimanche 9 mars 2008, le groupe parlementaire du Rassemblement pour la culture et la démocratie a tenu à exprimer sa solidarité à l’endroit de Chawki Amari et Omar Belhouchet, injustement condamnés pour délit d’opinion. Cet acte rappelle que la liberté de la presse est soumise à une pénalisation d’un autre âge, qui bride la liberté d’expression et par conséquent le projet démocratique. La liberté de la presse est l’un des piliers majeurs de l’Etat de droit. A ce titre, le groupe parlementaire du Rassemblement pour la culture et la démocratie se tient aux côtés des deux journalistes d’El Watan pour la défendre et la promouvoir.


Djamel FERDJALLAH, président


Initiative civique pour le respect de la Constitution (ICRC)

Belhouchet, directeur d’EI Watan, et Chawki Amari, journaliste, ont été condamnés, en appel, à deux mois de prison ferme suite à une plainte déposée contre eux par le wali de Jijel. Quelques jours auparavant, c’était le journaliste d’Echourouk qui était sommé par huissier de s’acquitter immédiatement de la somme de 4 millions de dinars à laquelle la justice l’avait condamné lui et son directeur de publication. A Annaba, c’est le correspondant d’Ennahar El Jadid, Noureddine Boukraâ, qui risque d’être incarcéré pour une affaire de diffamation. Les exemples pourraient se multiplier. Au-delà de l’inquiétude que ces intimidations suscitent dans toute la corporation des journalistes et des médias, laquelle se voit contrainte à l’autocensure, c’est surtout le droit de la société à être informée qui risque, avec de tels actes, d’être remis définitivement en cause. Ces grossières intimidations sont destinées à museler les journalistes, à un moment où le régime voudrait réviser la Constitution afin de permettre au président actuel de briguer un troisième mandat à la tête de l’Etat. L’Initiative civique pour le respect de la Constitution (ICRC), lancée pour dénoncer ce coup de force anticonstitutionnel, estime que nos libertés sont aujourd’hui plus que jamais menacées. Elle exprime sa solidarité à Omar Belhouchet, Chawki Amari, Noureddine Boukraâ et à tous les journalistes inquiétés dans l’exercice de leurs fonctions. Elle dénonce ces agissements qui n’ont d’autres finalités que de faire taire toute voix libre dans notre pays. L’Initiative civique pour le respect de la Constitution (ICRC) appelle la classe politique et la société civile à défendre la liberté d’expression et la liberté de la presse, sans lesquelles seule la voix du régime et de ses satellites serait entendue en Algérie.

Intersyndicale autonome de la Fonction publique


L’intersyndicale autonome de la Fonction publique a appris avec consternation la condamnation à une peine de prison du directeur de la publication d’El Watan Omar Belhouchet et du chroniqueur Chawki Amari. L’intersyndicale autonome de la Fonction publique constate qu’une fois de plus le pouvoir a recours à l’instrumentalisation de l’appareil judiciaire à des fins politiques. La condamnation des deux journalistes d’El Watan signifie que la liberté d’expression et la liberté de la presse sont en danger aujourd’hui en Algérie. L’intersyndicale autonome de la Fonction publique exprime son soutien et sa solidarité active à Omar Belhouchet et Chawki Amari, dénonce les violations de la liberté d’expression et de la liberté de la presse, interpelle l’ensemble des syndicats autonomes et la classe politique pour se mobiliser pour la défense de la liberté d’expression.


Les syndicats membres de l'intersyndicale autonome de la Fonction publique CNAPEST, CLA, SNAPAP, SATEF, SNTE, SNPEM, CECA, CNES


Dr Ahmed Bouguarche, Modern & Classical Languages & Literatures, California State University, Northridge, Northridge, CA 91330-8247, USA

Je suis un lecteur assidu de votre journal et je suis vraiment troublé par la condamnation de Belhouchet et de Amari dont j’adore les chroniques. Je veux juste vous exprimer ma solidarité et mon soutien moral aux deux journalistes mais aussi à toute l’équipe du journal. Je vous remercie pour tout ce que vous faites, vous qui vivez en Algérie en face d’un pouvoir qui n’hésitera pas à mettre en prison tout individu qui ne le glorifie pas. Encore une fois merci et dites-vous que vous ne serez jamais seuls. Bon courage à toute l’équipe d’El Watan.

A. Toumi, lecteur

Au moment où le monde entier bouge et se rapproche de plus en plus, grâce au droit incontestable des peuples : le droit d’information, hélas, nos chers frères Belhouchet et Chawki sont victimes de la continuité de la désinformation et la politique de « tout va bien yassidi ». Je manifeste mon soutien avec gratitude et respect aux confrères et à leur longue expérience dans cette fonction noble. Tenez bon. (Vive l’Algérie)


Hind Cadi (Alger)

Tous les matins, en lisant le billet de Chawki Amari, je me dis comment notre beau pays peut être dans cet état de dégradation, quand de tels talents existent ? Il y a des jours où je me dis que c’est parce qu’il y a de tels talents que le pays n’a pas complètement sombré dans la folie (jusqu’à quand ?). Alors, j’espère pouvoir continuer à me poser cette question, et que la voix de Chawki Amari ne soit pas étouffée. Je tiens à vous exprimer ma solidarité de cette manière, par ce mail, en espérant que votre expression à vous demeure votre journal et sa diffusion, ainsi que tous les autres journaux. J’espère que l’acquis (le seul ?) de ces dernières années, à savoir une presse, aussi imparfaite soit-elle, ne nous soit pas enlevé, lui aussi. Puissions-nous continuer à exister à travers vous. Bon courage.

Une lectrice

Voilà bientôt un lustre que nous assistons, impuissants, au jour le jour, à l’érosion continue, insidieuse, de nos libertés citoyennes, les plus élémentaires. Voilà, bientôt un lustre que les notions de droits et de devoirs, de respect des lois édictées, de responsabilité, censée être assumée, ont déserté notre contrée, cette République démocratique et populaire, notre référence et notre horizon. Mais, vaille que vaille, malgré l’adversité, nous avons continué, chacun dans sa sphère d’intervention, à refuser le non-droit, à affirmer la souveraineté des lois, à dénoncer les manquements et à pointer les dérobades des responsables : des exemples de ces actions individuelles ou collectives abondent... Je suis convaincue que cette attitude citoyenne, dans ce lourd climat d’assujetissement, doit beaucoup au recours potentiel que représente la presse indépendante. Elle permet aux citoyens l’espoir de préserver encore leur dignité. Comme disait le poète turc, Nazim Hikmet, du fond de sa geôle : « Je crie, je crie... être
captif, là n’est pas la question, il s’agit de ne pas se rendre. » Oui, nous aussi sommes captifs d’un pouvoir qui a entrepris de nous déposséder de nos droits de citoyens républicains et nous transformer en sujets, dont n’est attendue qu’allégeance. Comme Nazim Hikmet, refusons de nous rendre ! Dénonçons donc cette décision inique qui a condamné des journalistes pour avoir fait leur métier d’informer leurs lecteurs de la disqualification d’un wali par ses administrés. Une telle décision de « justice » est très grave par ses effets. Elle institue, de fait, l’immunité des walis devenus intouchables, bâillonnant notre seul recours, en tant que citoyens face à l’arbitraire. C’est affirmer aussi que la gestion d’un wali ne pourrait être contestée que par le pouvoir lui-même, dans un jeu subtil de rapports de force internes. Exit donc, la notion d’Etat républicain. Oui, cette décision augure de sombres lendemains... pour les journalistes, mais aussi pour nous, acteurs sociaux ou simples citoyens, c’est ce qui fait sa gravité.

Djamel, lecteur

Je vis en France depuis toujours et je suis citoyen algérien. Je vous lis tous les jours sur internet. Si je vous écrit c’est pour m’élever avec vigueur contre le semblant de justice que la cour de Jijel à la solde d’un certain pouvoir condamne à de la prison ferme des journalistes dès qu’ils essayent de faire leur travail. Ces pratiques d’un autre temps en disent long sur la caste de ces gens qui gouvernent l’Algérie. Jusqu’où iront-ils en abusant de leur pouvoir ? Dommage pour notre pays. En solidarité, veuillez messieurs recevoir mes respectueuses salutations.


Lundi 10 mars 2008


La bêtise « judiciaire »

Nos deux valeureux journalistes n’ont pas à rougir de cette condamnation. Bien au contraire, ils doivent être fiers d’aller purger une peine de deux mois de prison ferme pour un délit qui n’en est pas un, mais dont le verdict a permis de rappeler que notre justice ne s’est pas encore débarrassée du joug qui continue de peser sur elle et de la manipuler au point de lui dicter comment sévir pour mieux protéger certains de ceux qui sont censés nous gouverner. D’ailleurs, à Sétif, tout le monde parle de cette drôle d’affaire, et en parle avec… ironie ! Ce qui désole, cependant, c’est que la belle wilaya de Jijel ne continuera plus à avoir ce mérite de rappeler ce lieu hospitalier, lieu idéal de villégiature, mais celui d’une wilaya à laquelle vient se greffer l’abominable souvenir d’un certain verdict tombé un mardi 4 mars 2008, un bien drôle et déshonorant verdict qui montre – si besoin est – que « notre » justice, en laquelle croyait tout un chacun, n’est nullement autonome et impartiale, mais bien au service de certains de nos responsables qui se plaisent à l’avilir. Que c’est malheureux ! Que c’est malheureux ! Omar et Chawki deux mois au fond d’un cachot ce n’est presque rien, voyons ! car, et sachez-le bien, nous serons toujours fiers de vous et comme nous le sommes aussi pour votre confrère Yasser Abdelhaï d’Echourouk El Youmi, une autre victime de la bêtise « judiciaire ». N’oubliez surtout pas d’emmener avec vous vos stylos et vos calepins. Vous aurez beaucoup de choses à nous raconter à votre sortie. Histoire de joindre « l’inutile » au « désagréable ». A moins que notre ministre de la Justice ne s’y mêle pour remettre de l’ordre et démontrer que nous avons une justice neutre et incorruptible et qui n’est, à part la loi, au service de personne ! Dans le cas contraire, bon séjour, chers héros, que nous continuerons toujours de soutenir parce que victimes d’une injustice qui n’ose pas dire le nom de ceux qu’elle sert.


Chérif N., lecteur de Sétif


Un sentiment de honte

Chers Omar et Chawki, il est de ces injustices que tout réprouve, la morale, le bon sens, la loi, les hommes... Algérien vivant en exil voulu depuis bientôt dix-sept ans, je ressens un profond sentiment de honte, sentiment exacerbé par le dégoût indicible que peut ressentir tout Algérien ne cautionnant pas le fait du prince car, à l’évidence et selon toute vraisemblance, ces roitelets qui régentent des fiefs avec des méthodes moyenâgeuses semblent intouchables et inatteignables. Je tiens à vous exprimer, avec force, toute l’admiration et tout le respect que vos statures d’Algériens remarquables suscitent en mon cœur et en mon âme, vous êtes la conscience de ce peuple, sa lumière vive, manière d’espérance en ce qui est juste et grand.


Malik MAHROUR, Paris 5e


Un devoir de sacrifice

Je saisis cette occasion pour vous dire que vous êtes une personne qui résiste à tous les séismes depuis que vous êtes à la tête de cette rédaction. Votre profession est un devoir de sacrifice qui est un choix irréversible, dont je peux vous dire que vous pouvez en être fier et vous êtes assez courageux pour ça. Je profite pour transmettre un message de soutien moral et de sympathie à une personne que j’aime bien et dont je ne peux pas ignorer toutes les visites lorsque je me rendais à votre rédaction. Vous avez été toujours à mes côtés comme un malade cancéreux pour un combat que j’ai abandonné, que Seul Dieu le sait, je peux vous dire que vous êtes une personne que j’aime énormément pour votre talent de journalisme, de professionnalisme qui fait de vous votre fierté et de tous ceux qui vous connaissent et de vos très fidèles lecteurs dont j’en suis un.


Aïssa AMARA, Sour El Ghozlane


La justice finira par triompher

Je tiens tout d’abord à citer ces quelques lignes écrites par Mouloud Feraoun, mais qui sont, malheureusement, toujours valables de nos jours :
Parce que…
Quand trop de sécheresse brûle les cœurs
Quand la faim tord trop d’entrailles
Quand on rentre trop de larmes
Quand on bâillonne trop de rêves
Et comme quand on ajoute bois sur bois sur le bûcher
Enfin, il suffit du bout de bois d’un esclave pour faire dans le ciel de Dieu
Et dans le cœur des hommes
Le plus énorme incendie
Je tiens à signifier à MM. Omar Belhouchet et Chawki Amari en particulier et à tous les journalistes piétinés par le système en général ma solidarité et mon soutien sans bornes. Tenez bon mes frères. La justice finira par triompher !!


Yuva MOKRAOUI, étudiant


La tête haute

A nos gouverneurs : « Dans un Etat civilisé on ne doit pas approuver à mettre des journalistes en prison. L’histoire les a déjà jugés pendant nos années noires et ils sont sortis la tête haute, au-delà de tous nos citoyens. Si on peut être fier d’être Algérien aujourd’hui, c’est grâce à nos journalistes indépendants. S’il y a de l’espoir encore en Algérie aujourd’hui, c’est grâce à nos journalistes indépendants. Pour l’amour de cette pauvre Algérie, laissez-les travailler.


Un Algérien qui vit en Angleterre et qui espère toujours lire le journal El Watan et le billet de M. Chawki Amari


Dire et écrire

On ne peut qu’être écœuré par la condamnation d’hommes, de femmes pour l’exercice d’un noble métier : dire et écrire la vérité ! Merci Omar, Chawki et les autres pour avoir perpétué le combat des Djaout, Mekbel… Vous êtes ce que le soleil est pour la nuit…


Salah AMER-YAHIA, président fondateur de l'UPEWA


Combat démocratique

M. Omar Belhouchet et M. Chawki Amari ont participé à la sauvegarde du pays en assumant le combat démocratique au moment où d’autres ont carrément fui le pays. Fidèle au combat pour la liberté de la presse, le président de l’APC et les élus du RCD de Tinebdar apportent un soutien indéfectible aux deux journalistes. Il est un devoir pour chaque démocrate de se solidariser avec M. Belhouchet et M. Amari.


Le P / APC et les élus RCD de Tenebdar (Béjaïa)


Ils réagissent violemment

Les décisions de justice injustement prononcées à maintes reprises à l’encontre de journalistes qui n’acceptent pas de se ranger sous l’étendard du pouvoir ne peuvent s’expliquer que par l’incompétence de ceux qui composent le pouvoir à sanctionner de manière responsable. N’acceptent ni critiques constructives, ni revendications populaires justifiées, ni même des opinions contraires aux leurs, ils sont en panne d’arguments et leur seule riposte consiste à réagir violemment, en mettant les citoyens en prison, en interdisant rassemblements et marches populaires, en créant des scénarios fictifs pour détourner notre attention de la misère qui nous ronge chaque jour davantage. Après la suppression du quotidien Le Matin, c’est à d’autres titres de la presse indépendante qu’ils veulent faire subir le même sort. Ne restons pas passifs, chaque citoyen voulant vivre décemment et librement doit s’élever contre l’emprisonnement de MM. Omar Belhouchet et Chawki Amari. Nous sommes nés pour vivre puis mourir, si nous devons mourir pour notre liberté, ce sera la plus belle des morts.


Abdelhamid KEBBAB, un lecteur de la presse indépendante
Mercredi 12 mars 2008




UNIVERSITAIRES ET INTELLECTUELS REAGISSENT


© El Watan | Dimanche 16 mars 2008


Nous avons appris avec stupéfaction et consternation la condamnation en deuxième instance de Chawki Amari et Omar Belhouchet à deux mois de prison ferme pour dommages causés par un billet satirique au wali de Jijel paru en dernière page du quotidien El Watan.

La répression mise en œuvre contre la liberté de la presse nous rappelle des temps révolus où la justice coloniale fonctionnait comme un instrument de répression des mouvements politiques nationalistes. Tout comme en ces temps funestes, l’élection est pervertie et vidée de son sens par les manipulations systématiques de l’administration centrale. La presse est muselée par des codes restrictifs et n’exprime qu’une partie de l’opinion. D’une manière générale, la majorité de la population est privée de ses droits à la citoyenneté ou se dispense de les exercer, connaissant à l’avance le sort qui leur est réservé. Elle reste soumise à un droit et une justice qui puisent leurs sources ailleurs que dans les principes démocratiques. De nos jours, la justice apparaît comme une arme venant s’ajouter à beaucoup d’autres mises entre les mains du pouvoir exécutif. Elle est utilisée de manière efficace seulement quand elle s’attaque aux droits fondamentaux des citoyens de s’exprimer et de s’organiser librement. Elle apparaît comme un instrument parmi d’autres, mis à la disposition du gouvernement avec pour vocation spécifique le démantèlement de toute forme d’organisation autonome ou toute sorte de contre-pouvoir. Ainsi, depuis des décennies, se développe une justice aux limites de la légalité ou carrément hors de la légalité. Aucun conflit ne surgit entre autorités militaires, judiciaires et politiques sur son fonctionnement. Malgré des logiques divergentes, tous s’accordent sur les nécessités de la répression. Cela crée les conditions du rejet de la fonction judiciaire de l’Etat d’autant plus que ses détenteurs, en étant les seuls bénéficiaires, auront grandement aidé à cultiver toutes sortes de ressentiments chez ceux qui en sont exclus. En se préoccupant d’abord d’en faire son instrument, le pouvoir exécutif a fini par couper la société du droit de l’Etat. C’est ce lourd héritage du droit et de la justice d’exception en territoire d’exception que va avoir à endosser l’Algérie de demain.

Signataires
:

Louisa Aït Hamou (universitaire), Daho Djerbal (universitaire), Ali Bensaad (universitaire), Mohammed Hachemaoui (universitaire), Selma Hellal et Sofiane Hadjadj (éditeurs, Editions Barzakh), Yassine Temlali (journaliste), Ghania Mouffok (journaliste), Adlène Meddi (journaliste et auteur), Fayçal Métaoui (journaliste), Sid-Ahmed Semiane (journaliste), Abdellah Benadouda (éditeur), Kamel Daoud, (journaliste-chroniqueur), Mohamed Larbi Merhoum (architecte), Leïla Oubouzar (architecte), Ghanem Laribi (architecte- paysagiste), Kaouther Adimi (étudiante), Yasmine Kacha (étudiante), Sofia Djama, Hakim Guettaf, Achouak Bahloul, Ali Redouane Chetouh, Amel Aïssaoui, Sarah Kharfi, Abdelkrim Badjadja (consultant en archivistique, Abu Dhabi), Cherifa Bouatta (universitaire), Aïssa Kadri (universite de Tours, docteur de l’IME), Nagette Aïn-Séba, Azeddine Layachi (St John’s University of New York), Ourida & Yasmina Chouaki (USTHB d’Alger), Farid Cherbal (USTHB d’Alger), Nacer Djabi (université d’Alger, Bouzaréah), Hassan Remaoun (CRASC d’Oran), Nacéra Benseddik (archéologue), Farida Aït Hamou (maître de conférences, USTHB), Nedjari Ahmed (Professeur, USTHB d’Alger), Amarouche Nassima (biologiste), Malika Hachid (anthropologue), Mahmoud Belhimer (journaliste), Brahim Hadj Slimane (journaliste).


Je commence toujours la lecture d’El Watan par la dernière page puis je reviens à la première juste pour Chawki Amari. J’ai aussi un grand respect pour M. Belhouchet qui me rappelle étrangement feu Abderahmane Mahmoudi.Vous marquez l’histoire du journalisme algérien et on est fiers de vous, de votre combat inlassable envers et contre tous. Et il en faut plus à ces Tristus pour nous enlever le côté Rigolus. Soyez sûrs que si vous mettez à la disposition des lecteurs un compte spécial pour aider au paiement de ces sommes astronomiques des amendes, nombreux sont les donateurs, chacun par sa contribution qui étonneront ces responsables qui n’ont aucun sens de l’humour. Et la flamme qui vous anime restera notre seule lueur d’espoir dans ce vide absolu.

Youcef MOUSSAOUI, Annaba


Les soussignés, professeurs de l’enseignement secondaire et technique de la wilaya de Annaba, scandalisés par l’inéquitable sentence prononcée par la justice à l’encontre du directeur du quotidien d’information Omar Belhouchet, et le chroniqueur du même journal Amari Chawki, pour avoir en toute honnêteté osé publier une information qui, semble-t-il, ne plaît pas à « n’importe qui ». Aussi, les soussignés, solidairement et en toute sincérité, apportent leur soutien indéfectible à ces deux militants des « causes justes » victimes de cet inacceptable excès de pouvoir.


Boudjerra MAKKOUDI (PET en retraite), Abdeslam DJENAOUI (PES)

 
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