Commémoration de l’assasinat de Matoub Lounès. Les guerres inavouées - Site perso de Mohamed ZIANE-KHODJA

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Commémoration de l’assasinat de Matoub Lounès. Les guerres inavouées

Kabylie > Matoub Lounès > 2011
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LES GUERRES INAVOUEES


© El Watan | Mercredi 29 juin 2011 | 10:00
Chawki Amari

Est-ce un hasard si la commémoration de l’assasinat de Boudiaf arrive quelques jours après celle de l’assassinat de Matoub ? Statistiquement non, beaucoup d’Algériens meurent assassinés, souvent d’ailleurs sans que l’on sache exactement d’où sont venues les balles, nos juges et experts en balistique étant plus occupés à calculer l’angle que fait l’humeur présidentielle avec le tapis lissé de leurs carrières. Ce n’est donc pas une coincidence, ou si, ou pas vraiment, le calendrier des cimetières nationaux et des commémorations est de toute façon plein à craquer. Mais pour ces deux hommes, braves, égaux dans le courage et la rigueur, criblés de balles tous les deux et morts sous les tirs déchaînés d’autres Algériens, ce sont des victimes symbole d’une guerre inavouée. Quel est le point commun entre ces deux hommes que beaucoup pleurent et qui auront été des modèles dans leur genre ?

En dehors du fait qu’ils aient été assassinés dans d’obscures circonstances, Matoub chantait, trop fort, et Boudiaf a fait chanter le régime, publiquement, en le menacant de tout dévoiler et tout nettoyer. Que reste-t-il ? Deux autres symboles, leurs assassins sont toujours vivants. Pour Matoub, le commanditaire, Hassab Hattab, aux dernières nouvelles, se repose dans une résidence suveillée où il mange des escalopes à la crème. Pour l’assassin de Boudiaf, si Boumaârafi est officiellement en prison et donc vivant, son ou ses commanditaires sont tout aussi vivants, libres et mangent probablement les mêmes plats que Hassan Hattab, sinon mieux. Toute la tristesse algérienne est ainsi résumée ; le pays a perdu deux hommes de valeur et leurs assassins et commanditaires se portent très bien. Entre Hassan Hattab et Matoub Lounès, entre Lembarek Boumaârafi et Mohamed Boudiaf, le choix est évident. Sauf que l’Etat en a fait un autre, inavoué. Un choix mortifère qu’il va payer d’une manière ou d’une autre.

 
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