Marche du 20 avril. Les détenus de Béjaïa relaxés - Site perso de Mohamed ZIANE-KHODJA

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Marche du 20 avril. Les détenus de Béjaïa relaxés


       


Marche du 20 avril

LES DETENUS DE BEJAÏA RELAXES



© El Watan | Jeudi 24 avril 2014 | 10:00
M. H. KHODJA


Les 82 jeunes manifestants arrêtés durant la marche du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK) et le Mouvement culturel berbère (MCB) à l’effet de commémorer le 34e anniversaire du Printemps berbère, dimanche 20 avril à Béjaïa, ont été libérés mardi, tard dans la nuit, sous la pression citoyenne, avec toutefois une mise sous contrôle judiciaire, avons-nous appris auprès d’un avocat proche de l’affaire.

Pour rappel, les manifestants ont été arrêtés et mis en garde à vue après une sortie musclée de la police ayant suivi des émeutes qui avaient éclaté à la fin de la marche, le 20 avril. Les griefs qui leur avaient été reprochés sont «troubles à l’ordre public», «émeutes» et «dégradations de biens publics». Après deux jours de garde à vue et une audience fermée au public qui aura duré toute une journée, décision a été prise de les relâcher hier, à 23h, au grand soulagement de leurs familles qui étaient restées des heures durant devant le tribunal à attendre le verdict. Des militants du MAK, des étudiants et des syndicalistes se sont mobilisés pour faire pression et exiger l’acquittement et la libération des manifestants, parmi lesquels se trouvaient beaucoup d’étudiants.

Les réseaux sociaux se sont enflammés pour cette affaire, surtout avec ce qui s’est passé à Tizi Ouzou, après qu’une vidéo montrant des policiers en civil et en tenue maltraiter et passer à tabac des manifestants eut été publiée. Des étudiants de l’université Abderrahmane Mira ont fait circuler un communiqué dans lequel ils ont appelé à la mobilisation pour «la libération sans condition des détenus et le respect des libertés démocratiques». Dans le même document, ils dénoncent l’acharnement de la police sur les manifestants, estimant que «suite aux derniers événements qui ont touché la région de Béjaïa et bien d’autres, l’Etat n’a pas hésité à faire exhibition de ses forces de répression pour mater et étouffer les contestations populaires».


De même, la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) ainsi que des militants de tous bords ont appelé à la libération des manifestants. Les familles des détenus, consternées par ce qu’elles viennent de vivre et ce que leurs fils ont subi, dénoncent vivement les arrestations massives et arbitraires de la police. «Mon cousin a 23 ans, il a été arrêté à tort. Un policier l’avait arrêté alors qu’il roulait sur un scooter. C’est de la hogra pure est simple», nous a déclaré un jeune en colère. Un autre citoyen, venu s’enquérir de la situation de son frère âgé de 34 ans et sans emploi, embarqué lui aussi, pense que celui-ci n’a rien à se reprocher. «Mon frère n’était que de passage mais la police s’est jetée sur lui comme s’il était un criminel», peste-t-il. Il convient de signaler enfin que c’est la troisième fois à Béjaïa, en l’espace de 20 jours, que des manifestants arrêtés se font libérer sous la pression de la rue.

 
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