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Cour de justice de Tizi Ouzou. L'ouverture du procès Matoub Lounès

Kabylie > Matoub Lounès > 2011
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Cour de justice de Tizi Ouzou

LE PROCES MATOUB S’OUVRE AUJOURD’HUI


© El Watan | Lundi 18 juillet 2011 | 10:00
Hafid Azzouzi

Le procès des deux présumés auteurs de l’assassinat du chanteur kabyle Matoub Lounès s’ouvre, aujourd’hui, au tribunal criminel près la cour de justice de Tizi Ouzou.

Deux accusés comparaîtront devant le juge dans le cadre de cette affaire qui a défrayé la chronique, notamment en Kabylie. Il s’agit de Malik Medjnoun et Abdelhakim Chenoui, en détention provisoire depuis 1999 à la maison d’arrêt de Tizi Ouzou. «J’espère que cette fois sera la bonne et qu’on ne se trompera pas de procès. Ce dernier s’appelle procès Medjnoun et Chenoui et non assassinat de Matoub. Il serait inopportun qu’on puisse, en qualité de la défense, démontrer l’innocence de notre mandant alors que les preuves matérielles et autres arguments de l’accusation sont inexistants dans le dossier», nous a expliqué maître Aït Habib, avocat de Malik Medjnoun, qui précise : «Nous espérons aussi que le procès sera équitable et qu’on n’essayera pas de biaiser la vérité et de rendre une décision de justice capable de redorer le blason de ceux qui ont géré le dossier et qui ont laissé un innocent en prison pendant 12 longues années.»

Le même avocat ajoute : «Nous sommes pour la vérité sur l’assassinat de Matoub Lounès, qui était un défenseur de l’algérianité et pas seulement un chanteur kabyle.» De son côté, la fondation Matoub estime que «le pouvoir veut faire passer l’assassinat du Rebelle pour un simple fait divers». «Après 13 années de tergiversations, de manœuvres, de rumeurs les plus abjectes et comme chaque été depuis l’assassinat de l’illustre chanteur, militant de la cause berbère et de la démocratie, Matoub, voilà que le pouvoir algérien nous annonce une fois de plus la tenue d’un simulacre procès», lit-on dans une déclaration de la fondation qui porte le nom du Rebelle. Le même texte relève que «rien n’a été entrepris pour aller vers la vérité», ni l’étude balistique ni la reconstitution des faits, et encore moins l’audition de témoins qui figurent dans la liste remise par la famille du défunt aux autorités judiciaires, n’ont été faites, selon le même document. La fondation Matoub exige «un procès transparent qui résulte de toutes les investigations nécessaires à l’éclatement de la vérité».

Réseau de fans sur facebook

Par ailleurs, le comité de soutien à Malik Medjnoun, élargi aux comités de villages de Beni Douala, exhorte la justice à assurer «un procès juste et équitable, loin des pressions politiques qui pèsent sur le dossier noir de la justice algérienne. Nous réitérons notre principale revendication, à savoir si Medjnoun est coupable, qu’on le condamne et s’il est innocent, qu’on le libère. Mais il n’est pas normal ni réglementaire qu’il reste 12 ans en détention provisoire», précise un communiqué.

Enfin, notons aussi que des fans du Rebelle, qui se sont constitués en groupe de 6300 membres sur le réseau social facebook, appellent à un rassemblement, aujourd’hui, devant le siège de la cour de justice de Tizi Ouzou afin d’exiger «une enquête sur les circonstance de l’assassinat de Matoub». «Nous, les fans et fidèles de Matoub, appelons ceux qui croient à la noblesse de son combat et ceux qui sont contre l’impunité à venir massivement, munis de portraits et de photos du rebelle, pour prendre part au rassemblement prévu devant la cour de justice de Tizi Ouzou, à partir de 9h, afin d’exiger la vérité sur son assassinat.» Rappelons que l’affaire de l’assassinat de l’auteur de la chanson Aghourou (trahison) devait être examinée le 9 juillet 2008, mais elle a été reportée par le juge qui avait demandé un complément d’enquête. Le Rebelle a été tué le 25 juin 1998, à Talla Bounane, sur la route de Beni Douala, sa région natale. Il était en voiture, en compagnie de sa femme Nadia et de deux de ses belles-sœurs. La vie du Rebelle était émaillée de troubles ; il avait reçu une rafale de balles tirée par un gendarme en octobre 1988, à Aïn El Hammam ; le 25 septembre 1994, il avait été enlevé par un groupe d’individus armés à Takhoukht, près de Tizi Ouzou, avant d’être libéré par ses ravisseurs après 15 jours de captivité et suite à une importante mobilisation en Kabylie.

 
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