Violences policières lors de la marche du 20 avril. Le DGSN ouvre une enquête - Site perso de Mohamed ZIANE-KHODJA

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Violences policières lors de la marche du 20 avril. Le DGSN ouvre une enquête


       


Violences policières lors de la marche du 20 avril

LE DGSN OUVRE UNE ENQUETE



© Midi Libre | Mardi 22 avril 2014
Kahina HAMMOUDI


Le lendemain du scrutin présidentiel, la ville de Tizi-Ouzou a vécu une commémoration du double anniversaire des printemps berbère et noir sur fond de violences qui a été d’ailleurs diffusée sur les réseaux sociaux dans une vidéo ayant soulevé l’indignation et la colère des internautes. Partagée depuis hier soir sur les réseaux sociaux, la vidéo en question montre des policiers tabassant de jeunes émeutiers au moment de leur arrestation et en traînant un autre.

Plusieurs partis politiques et organisations ont dénoncé cette violence et appellent la société à ne pas ne répondre aux "provocations". C’est notamment le cas de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH – aile Zehouane) qui a dénoncé la « répression et l’interdiction » des marches commémoratives du 34e anniversaire du Printemps berbère en Kabylie. Elle appelle par la même occasion à la «libération et l’acquittement de tous les jeunes arrêtés à Béjaïa et à Tizi-Ouzou » et « appelle au respect des libertés et des droits de l’Homme, dont la liberté de manifestation et d’organisation ». Le bureau local de la LADDH, dans un communiqué annonce l’arrestation de 80 manifestants dans la wilaya de Béjaïa après la marche qui avait eu lieu dans la ville. La LADDH évoque également que ces personnes arrêtées « vont être présentées devant le parquet ce matin au niveau du tribunal de Béjaïa ». La Ligue déclare que le « même scénario» avait eu lieu dans la wilaya de Tizi-Ouzou. Elle a également noté que la ville des Genêts « a connu une journée de violence suite à l’interdiction et la répression de la marche pacifique organisée dans le cadre de la célébration du Printemps amazigh du 20 avril, une date ancrée dans l’histoire et la mémoire collective ». La LADDH met en garde concernant l’éventuelle condamnation de ces jeunes qui « ne fera qu’exacerber la tension dans une région qui a pourtant renoué avec la sérénité et le calme ». De son côté, le FFS sort cette fois de sa réserve et qualifie à travers un communiqué la violence d’« acte de provocation ».

Pour le FFS, l’empêchement, ce dimanche 20 avril, par la police de la marche pacifique à Tizi-Ouzou pour commémorer le Printemps berbère pourra « avoir des conséquences imprévisibles au niveau régional, voire au plan national », estime le FFS dans un communiqué. Le parti d’Ait Ahmed à travers son communiqué « dénonce et condamne énergiquement » cet empêchement, soutient qu’il « s’agit là d’un précédent grave qui augure mal de l’avenir démocratique dans le pays car cet empêchement constitue une atteinte délibérée aux libertés d’expression et de manifestation pacifique alors que le dispositif sécuritaire en place permettait de sécuriser totalement cette marche, sans l’empêcher ». Le FFS met en garde contre cette stratégie de musellement qui fait le jeu des extrémistes et «alerte sur les dangers d’une stratégie de la tension et de reprise en main autoritaire de la population à l’échelle du pays, qui ferait le jeu de groupes extrémistes et bloquerait toute dynamique de consensus national », conclut le texte. Dans un communiqué rendu public, Le bureau régional du RCD de Tizi-Ouzou a rapidement réagi hier pour dénoncer le fait que la marche pacifique « a été empêchée et violemment réprimée par les forces anti-émeutes ».

Pour Le RCD, « ce déferlement de la violence commis par des services de sécurité, dont la mission est d’assurer la protection des citoyens et de leurs biens, porte atteinte au symbole d’avril 80 et pose légitimement de sérieuses interrogations au lendemain d’une parodie électorale massivement rejetée par le peuple algérien en général et la population locale en particulier ». A travers le même communiqué, le RCD pose la question de savoir si « ces violences à l’égard des manifestations ne serait pas une expédition punitive et de représailles telles que promises par les affidés du pouvoir, d’une reconfiguration qui se met en place au détriment de l’expression citoyenne ou d’un signe d’affolement d’un pouvoir oligarchique contesté et surpris par l’ampleur de la mobilisation du 15 avril dernier lors des marches organisées par notre Rassemblement ? ». Ainsi le RCD « condamne avec la plus grande vigueur l’interdiction de la marche et l’usage injustifiée de la répression touchant les manifestants. Il réitère sa résolution à demeurer aux côtés des citoyens jusqu’à l’aboutissement de la revendication identitaire amazighe, consubstantielle à la construction de l’alternative démocratique ». Hamel ordonne une enquête

De son côté, le Directeur général de la Sûreté nationale (DGSN), le général-major Abdelghani Hamel, a ordonné hier, le lancement « immédiat » d’une « enquête sur le contenu d’une vidéo donnant à voir des personnes vêtues de la tenue des agents de police agissant en violation des règles et des principes du travail en matière de sécurité », assure le commissaie divisionnaire Djilali Boudalia, chargé de communication de cette institution, dans un communiqué. Ce dernier a notamment précisé que : « Le contenu de la vidéo donne à voir des comportements inacceptables et portant atteinte à la police ». M. Boudalia a également affirmé que le DGSN a donné des instructions sur la « nécessité de prendre toutes les mesures disciplinaires et juridiques nécessaires contre toute personnes ayant enfreint les règles concernant la dignité du citoyen et l’éthique ». Sur son site officiel, la wilaya de Tizi-Ouzou a assuré dans un communiqué « que les forces de sécurité avaient pour seule mission de sécuriser la marche du 20 avril et non de l’empêcher » et accusé des manifestants d’avoir provoqué les affrontements. La cellule de presse de la wilaya de Tizi-Ouzou ajoute également que « certaines personnes, mues probablement par des intentions inavouées, ont eu des comportements intempestifs, allant jusqu’à jeter des pierres sur des agents de l’ordre public qui avaient la seule mission d’encadrer la marche, de la sécuriser et non de l’empêcher ». La même source affirme que « cette supposée interdiction ne pouvait être le fait des autorités de la wilaya qui ont la profonde conviction que les revendications liées à l’histoire, au patrimoine, à la culture, à l’identité nationale et à la langue amazigh doivent être soutenues et accompagnées. Le musellement de l’expression de telles revendications légitimes relève d’une autre époque, une époque révolue », lit-on dans le même communiqué qui ajoute que « pour la marche qui était prévue le dimanche 20 avril, à l’occasion de la célébration du Printemps berbère, les services de l’État, chargés de l’ordre et soucieux de la sécurité du citoyen, avaient arrêté un dispositif destiné à encadrer et à accompagner les marcheurs sur le parcours à emprunter ».

 
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