Journée du 19 mai 1981. Le deuxième Printemps kabyle - Site perso de Mohamed ZIANE-KHODJA

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Journée du 19 mai 1981. Le deuxième Printemps kabyle


       


Journée du 19 mai 1981

LE DEUXIEME PRINTEMPS KABYLE



© Tamurt Info | Samedi 10 mai 2014 | 17:40
Saïd TISSEGOUINE


La journée du 19 mai 1981 est une journée historique, car elle est considérée comme le deuxième Printemps kabyle après celui du 20 avril 1980. Deuxième Printemps non dans la dimension mais dans l’ordre chronologique. Pourquoi la journée du 19 mai 1981 est un deuxième Printemps kabyle ? Au moins quatre raisons le certifient.

La première : la révolution s’est déroulée à Béjaia, terre kabyle. La deuxième : la révolution s’est déroulée en mai, mois bien printanier. La troisième : la révolution avait pour endocarpe l’honneur et la dignité. La quatrième : les faits proprement événementiels et la portée politique de cette journée du 19 mai 1981 ont été d’une dimension telle que le pouvoir politique d’Alger a été contraint de revoir et corriger sa carte politique kabyle élaborée juste après le coup d’Etat du 19 juin 1965. Les événements du 19 mai 1981 survenus à Béjaia et vécus par l’ensemble des citoyens kabyles n’ont, en fait, que réitérer l’exigence de la satisfaction de la plate-forme de revendications exprimées le 20 avril 1980 et consignés dans le document de synthèse mis au point par le Mouvement Culturel Berbère (MCB) lors de son séminaire tenu du 1er au 31 août 1980 à l’hôtel Tamgout de Yakouren.

Sur le plan symbolique, les manifestations de Béjaia au cours de cette année de 1981 avaient aussi leur pesant d’or. Le 19 mai est effectivement une journée « nationale de l’étudiant », et ce en référence à la journée du 19 mai 1956 où étudiants et lycéens se reconnaissant à travers le Front de Libération Nationale (FLN) ont mis de côté livres et cahiers pour rejoindre le maquis. Donc le choix de la journée du 19 mai 1981 pour faire la révolution n’était pas fortuit. Et d’autant plus que le pouvoir politique algérien d’alors a servi sur un plateau d’argent le motif de cette révolution : le détournement du projet d’implantation d’une université à Béjaia vers une autre wilaya du pays. Les lycéens sortent dans la rue. Aussitôt, ils sont suivis par les populations. Leurs slogans portaient sur la libération des détenus de 1980. La riposte des pouvoirs publics fut d’une extrême violence. Nonobstant cette terrible répression, la révolution se poursuivit.

Des quatre coins de la Kabylie et d’ailleurs, hommes et femmes en âge de « se battre » et évoluant dans les milieux militants prirent la direction de Béjaia. Ferhat M’henni, pour ne citer que celui-ci à titre d’exemple, a été intercepté et arrêté par la police politique à Amizour. L’homme devait rejoindre Béjaia, théâtre des opérations. La suite des événements est connue : plusieurs blessés, des arrestations en masse et des dégâts matériels considérables. Ce qui est également connu, les Béjaouis sont classés par le pouvoir arabo-islamiste d’Alger comme des « emmerdeurs » comme les Tizi-Ouziens et les autres Kabyles où ils se trouvent. N’étaient considérés comme « bons Kabyles » que les Kabyles morts et enterrés. C’est pourquoi enfin, la commémoration du 33ème anniversaire de la journée du 19 mai 1981 où tout simplement le 2ème Printemps Kabyle exige la présence massive des femmes et hommes kabyles à Béjaia le 19 mai prochain.

 
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