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Un parcours exaltant qui appelle d'autres conquêtes. Le 20 avril au présent


       


Un parcours exaltant qui appelle d'autres conquêtes

LE 20 AVRIL AU PRESENT



© La Dépêche de Kabylie | Jeudi 17 avril 2014
Amar NAÏT MESSAOUD


Trente-quatre ans après le Printemps berbère d'avril 1980, et treize ans après le Printemps noir d'avril 2001, la Kabylie a accumulé une expérience de luttes politiques non négligeable, qui prolonge le capital historique du mouvement national et de la guerre de Libération.

Les sacrifices humains, le foisonnement des idées politiques, les acquis en matière de reconnaissance d'identité et de culture, constituent un vivier dans lequel sont censés venir se fertiliser d'autres combats démocratiques, d'autres conquêtes culturelles et d'autres avancées sociales. Ce sont là des données et des exigences qui, dans les fondements même du Mouvement Culturel Berbère (voir à ce sujet la plate-forme du séminaire de Yakouren d'août 1980), ne sont jamais étanches ou prises isolément. Le reste du parcours, qui ira des événements de l'été 1985 (incarcération des initiateurs de la première ligue des Droits de l'homme et des enfants de Chouhada) jusqu'au carnage de 126 jeunes pendant le printemps 2001, en passant par les massacres d'octobre 1988, la grève du cartable en 1994 et l'assassinat de Matoub Lounès en 1998, nous apprendra que les luttes pour la démocratie s'interpénètrent, s'imbriquent et font intervenir toutes les questions qui font la vie de chaque jour. Les présentes élections présidentielles font ressurgir, inévitablement, toutes ces questions. Pratiquement, aucun candidat n'a passé sous silence les vieilles revendications de la Kabylie, lesquelles engagent, en réalité, toute la communauté nationale. Avec une ferveur inégale et une vision particulière à chaque acteur politique, les grandes interrogations que la Kabylie a posées, pendant cinq décennies, toujours dans une ambiance de tension et de suspicion, à l'ensemble de la collectivité nationale, ont été abordées par les candidats à la magistrature suprême. Comme l'a rappelé, si pertinemment, le professeur Belaïd Abane, il y a quelques jours, sur BRTV, des avancées considérables sont enregistrées sur le plan de la reconnaissance de l'identité amazighe et de la prise en charge de ses corrélats, dont l'enseignement n'est pas des moindres. En effet, lorsqu'on se replace dans le contexte du parti unique et de l'ostracisme identitaire et culturel de l'époque, l'on ne peut qu'apprécier à sa juste valeur les progrès réalisés et le chemin  parcouru. Des tabous tenaces et une haine crasse ont été combattus, surmontés, voire neutralisés. Néanmoins, il serait dangereux, voire mortel, de s'endormir sur ses lauriers, d'autant plus que le contexte dans lequel on évolue présentement est chargé de défis à relever, du fait d'une mondialisation rampante, d'une nouvelle typologie de la communication, assurée par la technologie moderne, et d'un environnement économique des moins cléments. C'est pourquoi, certains sont tentés de relativiser les acquis en matière de prise en charge des revendications culturelles de la Kabylie, sachant que la vitesse du progrès et des changements s'accélère d'une façon inédite.  La nouvelle génération est devenue plus exigeante, d'autant plus que les moyens de communication moderne leur ont permis de se situer par rapport au diapason des autres nations. Cependant, comme l'a reconnu un universitaire français, les moyens audiovisuels et multimédias occidentaux ont permis aux peuples du Sud d'avoir une fenêtre sur l'art et le niveau de consommation des pays développés, mais ces mêmes moyens peinent à transmettre les "secrets" du développement et de la production. En d'autres termes, les jeunes d'aujourd'hui sont frustrés par rapport à ce qu'ils apprennent sur la vie des autres, que l'on dit plongée dans la joie, l'alacrité et le bonheur, mais manquent terriblement d'outils de formation qui leur permettraient de créer cette situation, ici et maintenant. Vu la nature rentière de l'économie algérienne, les pays développés ont tendance à prendre notre pays comme un grand marché de 40 millions de consommateurs, solvable, du moins pour le moment. Comment remettre la jeunesse sur le champ du travail et leur inculquer les valeurs y afférentes? Comment les faire accéder à la culture universelle, avec les moyens technologiques que se permet notre pays, tout en sauvegardant la culture nationale dans toute sa diversité. Mieux, il s'agit de hisser cette culture au niveau des cultures modernes soutenues par une ferme volonté politique des gouvernants. Immanquablement, le parcours de la Kabylie, depuis avril 1980, est un livre d'histoire ouvert, sur lequel s'ajoutent d'autres leçons encore. Il constitue la matrice originelle et la référence idéale de toute cette floraison de ces mouvances politiques, qu'elles s'appellent partis, coordinations ou mouvements. Et c'est dans ce creuset et dans cette mère génitrice que les acteurs et les sympathisants de ces mouvances se reconnaissent, d'abord, pour se projeter vers des lendemains que l'on espère porteurs d'espoirs.

 
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