«La presse n'est pas le quatrième pouvoir en Algérie» - Site perso de Mohamed ZIANE-KHODJA

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«La presse n'est pas le quatrième pouvoir en Algérie»

      MERCREDI 03 MAI 2006   >>     2001 | 2005 | 2006 | 2007 | 2008


       


« LA PRESSE N'EST PAS LE QUATRIEME POUVOIR EN ALGERIE »



© El Watan | Mercredi 03 mai 2006
M'hamed H.


L’Association des journalistes et correspondants de presse de la wilaya de Tipaza (AJCPT) a organisé, hier au site touristique La corne d’or, une manifestation pour célébrer la Journée mondiale de la liberté de la presse. Au menu du programme : une exposition d’une série d’articles de presse, des photos des journalistes assassinés et un échantillon de reportages illustrant certaines périodes ayant marqué le quotidien des Algériens, réalisé par les photographes d’El Watan.

En plus de certaines autorités, l’assistance était composée de représentants du mouvement associatif de la wilaya de Tipaza. Le premier responsable du quotidien El Watan, dans son intervention, a d’abord rappelé l’origine de la célébration de la journée du 3 mai, date proposée lors d’une conférence tenue en Namibie en 1991, parrainée par l’Unesco, à laquelle l’Algérie était représentée par Zoubir Souissi et Omar Belhouchet. Il avait, par la suite, abordé l’expérience vécue par son journal depuis sa première parution, le 8 octobre 1990, et les perspectives de son quotidien à moyen terme, en mettant l’accent sur le développement de l’information régionale. Hacène Djaballah, universitaire, a mis en exergue l’évolution « positive » du paysage médiatique national. Il cite l’exemple d’El Khabar et d’El Watan, deux quotidiens qui figurent sur la liste des grandes entreprises. Selon lui, le tirage de la presse écrite algérienne est l’équivalent de la production quotidienne de 20 ouvrages. « La presse en Algérie s’est transformée en une industrie qui est soumise à plusieurs appétits », a-t-il dit. Ahmed Brahimi, universitaire, souligne que l’avenir de la presse se situe dans le développement local et dans l’information de proximité. D’après lui, le souci de se rapprocher des citoyens doit être permanent. Mostefaoui Belkacem, universitaire, a soulevé, pour sa part, le problème du monopole de l’Etat sur les médias audiovisuels et « sur une télévision qui organise des simulacres à la veille de chaque échéance électorale, d’une part, et d’autre part, sur cette manière de fermer les portes aux opinions diverses ». Les conférenciers ont par la suite répondu aux questions de l’assistance sur le rôle de la presse et son impact sur les opinions, l’évolution dans le traitement de l’information, la relation entre la presse avec les pouvoirs publics par justice interposée. Des interrogations ont été posées sur le code pénal jugé répressif à l’égard de la presse, sur la comparaison avec les médias des pays voisins, sur la formation des journalistes, sur la précarité des correspondants locaux et sur les groupes de presse en formation, sur l’attribution par l’Etat des annonces publicitaires à travers l’ANEP, sur le rôle de la communication à l’échelle locale. Les conférenciers ont précisé que la volonté de l’Etat à discréditer la presse écrite indépendante est réelle. Il est vrai que le journaliste est comptable de ce qu’il écrit devant la justice au même titre que tout citoyen, d’où cette exigence vers le professionnalisme et la rigueur dans son travail. « Le droit à l’information est un droit constitutionnel. Les journaux s’attellent pour informer les lecteurs sur ce qui se passe dans son pays. La presse n’est pas le 4e pouvoir comme certains le prétendent et nous n’avons pas l’intention de l’être », a déclaré Omar Belhouchet. « C’est simple, nous essayons de porter la voix des citoyens qui n’arrivent pas à s’exprimer à l’ENTV, tout en vérifiant l’information avant de la publier », a-t-il ajouté.


 
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