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La mémoire du précurseur ressuscitée


       


Hommage à Mouloud Mammeri

LA MEMOIRE DU PRECURSEUR RESSUSCITEE



© L’Expression | Mardi 22 avril 2014
Amar CHEKAR


Le premier cours en langue amazighe revient après 43 ans de son interdiction à la fac d'Alger. Présenté en présence des anciens inscrits au cours de berbère de la faculté d'Alger, dont ils ne sont de nos jours que la matière grise en termes de langue et identité amazighes, le premier cours modèle de tamazight pour des élèves du deuxième cycle scolaire a été lancé le 20 avril 2014 en hommage à la mémoire de feu Mouloud Mammeri et cela après 43 ans de l'interdiction des cours de berbère à la fac d'Alger.

Appuyé par Si El Hachemi Assad, secrétaire général du HCA et Abdelkader Hadjar, recteur de l'Université d'Alger, l'amphithéatre Amara Rachid, qui a abrité dans les années de plomb, l'enseignement de la langue maternelle clandestinement bien que les concernés soient dans leur propre pays, l'ancien régime dictatorial est définitivement jeté dans la poubelle du passé, après un si lourd sacrifice et la lutte pour la justesse de la cause. «Personnellement, je souhaite de tout coeur apprendre la langue amazighe qui constitue un patrimoine irremplaçable de tous les Algériens et Algériennes», a indiqué le recteur de la fac, lors de son allocution d'ouverture de la cérémonie dans une salle archicomble. De son côté, Si El Hachemi Assad est revenu longuement sur l'engagement du HCA, de développer un travail de proximité, afin de reconquérir les espaces après avoir constaté la régression de l'enseignement de la langue amazighe dans le secteur de l'Education nationale.

La journée du 20 avril a été aussi l'occasion de lancer le premier tour de manivelle pour la réalisation d'un film documentaire de 52 mn sur la biographie et la grandeur de l'homme de lettres et de science qu'a été feu Mouloud Mammeri. Etaient présents à cette inoubliable cérémonie des citoyens qui représentent l'ensemble des variantes de la langue amazighe, à commencer par les Chaouis qui sont venus de Batna, les Mozabites de Ghardaïa, les Chenouas, les Beni Snouss, les Targuis sans omettre la légende du Gourara, les Kabyles qui sont nombreux bien sûr à évoquer des moments émouvants dans l'histoire de la lutte pour la reconnaissance de la langue maternelle le tamazigh. «Les tenants du régime obscur qui ont interdit l'enseignement de la langue maternelle dans leur propre pays, sont maudits par l'Histoire qui les a tous rattrapés et continuera à démasquer les opposants à la vérité historique et identitaire du pays», a souligné Smaïl Lafehal de la Chaîne II, qui a lutté et résisté depuis de très longues années pour la cause avant de voir la lumière jaillir.

Dans la même optique de l'audiovisuel, on note la sortie du film d'un autre ténor de l'amazighité, à savoir le défunt Idir Aït Amrane, président du HCA, intitulé: Ad yidir mmi-s umazigh (le fils de l'Amazigh vivra), qui a été projeté hier, 21 avril au centre de loisirs scientifiques à Tizi ouzou, avant de le projeter dans d'autres salles de cinéma du pays. Plusieurs conventions sont signées entre le HCA et les universités du pays, afin de travailler dans le sens de la mise en valeur scientifique et la promotion de la langue amazighe à travers le territoire national, à l'instar de l'université de Batna, Tizi Ouzou, Béjaïa, la fac d'Alger et plus.

Par ailleurs, plusieurs régions amazighopones qui sont restées dans l'anonymat dans les quatres coins du pays, à commencer par
Boussemghoune dans la wilaya d'El Bayadh et Asselah dans la wilaya de Naâma au sud-ouest du pays, tiennent à leurs racines depuis des siècles, malgré toutes les invasions coloniales et le régime dictatorial post-indépendance qui a essayé de couvrir le soleil avec un tamis.

 
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