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Medjnoun et Chenoui condamnés mais la vérité sur l’assassinat de Matoub reste inconnue...

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Medjnoun et Chenoui condamnés mais la vérité sur l’assassinat de Matoub reste inconnue

LA FAMILLE MATOUB ENGAGERA UNE NOUVELLE ACTION JUDICIAIRE


© Liberté | Mercredi 20 Juillet 2011
Samir LESLOUS

“Ce qui s’est produit hier au tribunal criminel de Tizi Ouzou est un procès expéditif, même une mascarade qui ne concerne nullement l’affaire de l’assassinat de Matoub Lounès”, a déclaré hier l’avocat de la partie civile dans l’affaire Matoub, Me Kaci Rahem, qui a annoncé qu’une nouvelle action judiciaire sera introduite par les membres de la famille du chanteur.

Lors d’une conférence de presse qu’il a animée en compagnie de Malika Matoub et de son collègue Me Aïssa Rahmoune, Me Kaci Rahem a expliqué que la partie civile dispose de nombreux éléments troublants, d’indices révélateurs et des déclarations radiophoniques, filmées et écrites qui permettent de déposer une nouvelle plainte. Une plainte contre X qui sera déposée incessamment, soit dès que le dossier sera préparé, a précisé l’avocat, soulignant que ces éléments ont été déjà introduits dans le dossier de l’affaire mais que la justice n’a pas exploité tout réellement, a-t-il ajouté, elle n’a pas ouvert le dossier mais elle s’est juste précipitée de le liquider. “On a beaucoup de matière à fournir au juge d’instruction”, a résumé Me Rahem. Abondant dans ce même sens, Malika Matoub, qui estime que “l’affaire Matoub n’est toujours pas jugée”, revendique donc toujours une enquête sérieuse, une reconstitution des faits et une expertise balistique, elle a été jusqu’à citer des courriers retrouvés dans la chambre conjugale de son frère. Interrogés si la plainte sera recevable par les autorités judiciaires, Mes Rahem et Rahmoune se disent être optimistes sur le plan du droit mais vu la sensibilité de l’affaire le risque des interférences n’est toujours pas à écarter. Sur le plan du droit, les avocats mettent en avant notamment la non-prescription des affaires de crime de droit commun.

“Tous les faits contenus dans le dossier et tout autre élément cité ou nouveau à invoquer, à l’exception de l’autorité de la chose jugée, peuvent faire l’objet de plaintes”, a expliqué Me Rahem, ajoutant que “sur le plan procédural, nous avons toute la latitude de nous plaindre auprès du juge d’instruction qui peut instruire à charge ou à décharge”. “Si l’autorité de la chose jugée ne nous permet pas par exemple de poursuivre Chenoui ou Medjnoun qui sont déjà jugés et condamnés, nous pouvons par contre déposer des plaintes contre toutes les autres personnes soupçonnées”, a-t-il encore expliqué. Et si la plainte n’est pas acceptée ? Sur ce point, Me Rahmoune avertit que si les voies de recours internes sont épuisées “nous ferons recours aux voies externes, soit les organisations internationales”. Revenant à chaque fois au procès qui s’est déroulé dans une ambiance et de manière confuse avant-hier au tribunal de Tizi Ouzou, la partie civile dit n’être plus concernée par le pourvoi en cassation dès lors qu’elle s’est retirée de l’audience. Une audience faite, jugent les avocats, d’entorse et d’irrégularités. “En prononçant les chef d’inculpation contre Chenoui, les représentants de la justice ont cité l’homicide volontaire mais sans citer contre qui, puis si Medjnoun et Chenoui ont été jugés et condamnés qu’en est-il des huit autres mis en cause que la justice devait condamner par contumace tant la plupart d’entre eux sont considérés en fuite faute d’acte de décès”, ont relevé les avocats de la partie civile.

Tout en réfutant le fait accompli de la liquidation expéditive de l’affaire de l’assassinat du Rebelle dans l’ombre du procès de Medjnoun et Chenoui qui ont été condamnés lundi à 12 ans de prison ferme, la partie civile se dit convaincue que le procès de lundi a été tenu juste pour offrir une échappatoire au pouvoir qui, dans la foulée du Printemps arabe, a voulu montrer que sa justice est propre.

 
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