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L'officialisation de la langue amazighe fait l'unanimité


       


Langue amazighe

L'OFFICIALISATION FAIT L'UNANIMITE



© L’Expression | Dimanche 20 avril 2014
Kamel BOUDJADI


Ceux qui connaissent le dur labeur savent que le travail qui les attend est difficile et le chemin lent et long. Alors que les livres paraissant en langues arabe et française à travers le monde se comptent en centaines de milliers annuellement, en tamazight, ils se comptent encore sur les doigts d'une seule main. Alors que les nouvelles technologies font des ravages comme les flammes d'incendie, des langues et des cultures entières, tamazight résiste encore, mais jusqu'à quand sachant que même le clavier en tamazight n'existe pas, hormis quelques polices rudimentaires qui ne sont d'ailleurs utilisées que par une infime partie d'initiés.

En tout état de cause, aujourd'hui, nous sommes au 34e anniversaire du Printemps amazigh de 1980. Cette journée sera marquée à Tizi Ouzou par de nombreux appels à des marches. En effet, plusieurs personnalités connues dans le mouvement culturel berbère ont lancé des appels à la marche pour réclamer l'officialisation de tamazight, dans la prochaine Constitution. Profitant de cet anniversaire, ces personnalités ont parallèlement lancé une pétition pour demander que cette question soit définitivement tranchée dans la future Constitution. Une façon de couper l'herbe sous les pieds de certains «attardés politiques» qui croient encore pouvoir se servir de cette revendication pour leur promotion politique. Parallèlement à ces appels à la marche, la population tient, à sa manière, à marquer cette date symbolique. A travers les villages et les chefs-lieux de communes, c'est un «20 avril» en couleurs qui sera célébré. Le mouvement associatif, après une hibernation de quelques années, revient et tente une relance de son activité. Il est vrai que son utilisation pour des objectifs politiques durant plusieurs décennies a été à l'origine de sa disparition. Mais ces dernières années, il y a une autre génération qui arrive et prend en charge ce qui reste de ces associations nichées un peu partout à travers les villages. Elles sont difficiles à manier pour les «attardés politiques» qui infestent encore certains villages parce que ces jeunes ne croient plus en leur politique.

A Tigzirt, les associations ont concocté un riche programme pour la journée du 20 avril. Du théâtre, des galas seront animés à travers les villages, mais surtout à la place du cinéma de la ville de Tigzirt. A Draâ Ben Khedda, Draâ El Mizan, Ouadhias, Aïn El Hammam, Azazga et Ouaguenoun la fête sera grandiose aujourd'hui durant toute la journée mais également des expositions et des programmes sportifs de karaté et de football. Toujours au chapitre des festivités, il est à rappeler que la direction de la culture de la wilaya de Tizi Ouzou a prévu au niveau du Théâtre Kateb-Yacine et de la Maison de la culture Mouloud-Mammeri une riche semaine dédiée à ce 34e anniversaire. Deux événements se distinguent toutefois de ce programme, à savoir le lancement pour la première fois de deux prix littéraires. Le prix Mohia concernera les auteurs et adaptateurs de pièces de théâtre alors que le Prix Mouloud-Mammeri concernera les autres genres littéraires. Au chapitre des activités prévues, il est attendu des conférences et des tables rondes animées par les spécialistes de la langue amazighe et des universitaires. A cet effet, Saïd Chemakh animera une conférence mardi prochain, sur le thème de «L'enseignement de tamazight» alors que Mme Malika Ahmed Zaïd, enseignante à l'université de Tizi-Ouzou, abordera de son côté, à Azazga, «Tamazight actualités et perspectives». Aussi, en ce 34e anniversaire de ce printemps qui a fait avancer toute l'Algérie, voire l'Afrique du Nord, la classe politique et les intellectuels algériens francophones, arabophones et amazighophones doivent faire le bilan de ces cinquante années d'indépendance. Peuvent-ils travailler ensemble pour accroître la richesse de l'Algérie ou continueront-ils à s'exclure les uns les autres? Une chose est sûre: la société n'a pas cessé d'avancer depuis l'Indépendance et peut-être plus vite que les intellectuels.

 
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