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Tizi-Ouzou. Festival de poésie Youcef Ou Kaci et Si Mohand Ou M’hand. L’événement compromis ?


       


Tizi-Ouzou. Festival de poésie Youcef Ou Kaci et Si Mohand Ou M’hand

L’EVENEMENT COMPROMIS ?



© La Dépêche de Kabylie | Mardi 22 avril 2014
Amazigh AÏT SLIMANE


La naissance du Festival de poésie amazighe Youcef Ou Kaci et Si Mohand Ou M’hand, organisé conjointement par les deux associations culturelles portant les noms des deux poètes, s’est faite dans des circonstances difficiles.

La première édition, qui a eu lieu en 2003, aurait pu ne jamais avoir lieu, tant la Kabylie était encore sous le choc des douloureux événements  du printemps noir. Il fallait donc, pour les organisateurs de ce festival, convaincre du bien fondé de leur action, et surtout, sensibiliser les récalcitrants et les opposants à la tenue de cet événement culturel sur la nécessité de faire vivre la culture. Passé ce premier écueil, le festival  entama sa vitesse de croisière avec, à chaque fois, des améliorations qui finirent par lui valoir respect et considération, que ce soit de la part des participants ou de celle des hommes de cultures qui l’honorent de leurs présences. Si au départ, le festival avait lieu à Tizi-Ouzou, pour cause de commodités, il finit, par la suite, par élire domicile au niveau de la commune de Timizart. Pris en charge, exclusivement, par les membres de l’association culturelle Youcef Ou Kaci, le festival gagna en notoriété, et ce, grâce à la pléiade de poètes qu’il a pu mettre sur orbite, à l’image d’Ahmed Lahlou, Mourad Rehmane, Salima Dali, Jugurtha Seguini, Moussa Selmi, Hamid Ibri, Hakima Methari, Bahia Mohamedi et tant d’autres plumes qui ont su apporter un sang nouveau à la poésie Kabyle, tant par leur audace dans le choix des thèmes que par leur style d’écriture, faisant ainsi passer la littérature kabyle à un registre beaucoup plus universel et en adéquation avec notre époque. Grâce à l’abnégation de ses membres, le festival a pu honorer de grands noms de la culture amazighe, comme Matoub Lounès, Medjahed Hamid, Lounis Ait Menguellet, Ben Mohamed, Hadjira Oulbachir, Ben Hanafi, Said Iamrache...etc.  Le mérite de ce festival est d’avoir pu réconcilier le public avec la chose culturelle, en lui proposant, en plus de la poésie, du théâtre, des montages poétiques et des conférences de qualité. De grands noms de la culture, à l’image d’Ali Ideflawen, Ali Amrane, Kheloui Lounes, Lounis Ait Mengullet, ont contribué à la renommée de cette manifestation. Souvent, le CEM des frères Ziane, lieu du déroulement du festival, s’avérait exigu pour contenir les centaines de citoyens qui venaient de toute la région pour assister aux multiples représentations proposées dans le cadre du festival. Pourtant, malgré ce succès certain, une sorte de lassitude se fait sentir au niveau du comité d’organisation, pour de multiples causes. Il va sans dire que l’absence d’infrastructures pouvant accueillir dans de bonnes conditions un festival de cette importance est le premier écueil, comme nous le dit un des membres de l’association Youcef Ou Kaci. « Organiser le festival dans la cour d’un CEM n’est pas évident. Les jeunes, qui nous donnent un coup de main pour pouvoir tout installer, sont des bénévoles, donc leur disponibilités n’est pas acquise 100%. D’autre part, cela nous oblige à faire de la gymnastique pour obtenir le quitus nécessaire des responsables de cette infrastructure. En bref, rien n’est acquis d’avance  mais tout est à acquérir », dira notre interlocuteur, ajoutant que « la seule manière qui permette de pérenniser, une fois pour toutes, cette manifestation, est son institutionnalisation, ne serais-ce qu’au niveau de la wilaya de Tizi-Ouzou. Car, par ce moyen, le festival aura son commissariat et son budget annuel. Cela va nous permettre de sortir du bénévolat, qui est certes une sorte d’action volontariste mais elle se caractérise aussi par l’amateurisme dans l’organisation des événements ». Pourtant, maintes promesses, quant à cette institutionnalisation du festival, ont été faites par les responsables de la culture de la wilaya de Tizi-Ouzou, mais, à ce jour, elles sont restées lettres mortes. De ce fait, ce festival risque de s’éteindre et de priver, ainsi, les poètes d’un espace d’expression, et les habitants de la commune de Timizart d’une activité culturelle qu’ils attendent chaque année.

 
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