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Conférence de presse de la fondation. L'année Matoub Lounès a commencé

Kabylie > Matoub Lounès > 2006
      MARDI 24 JANVIER 2006   >>     1994 | 1995 | 1998 | 1999 | 2000 | 2001 | 2003 | 2004 | 2005 | 2006 | 2007 | 2008 | 2009 | 2010 | 2011 | 2012 | 2013


       


Conférence de presse de la fondation

L'ANNEE MATOUB LOUNES A COMMENCE


© La Dépêche de Kabylie | Mardi 24 janvier 2006
Aomar Mohellebi

Malika Matoub a déclaré, hier, à Tizi Ouzou, que 2006 est décrétée “Année Matoub Lounès”, à l’occasion du cinquantième anniversaire de sa naissance. Durant les douze mois, des activités diverses et nombreuses seront organisées en Algérie et en Europe.

Outre la fondation, des associations et des universités seront associées à l’évènement. Le coup d’envoi a été donné hier matin à la Maison de la culture Mouloud-Mammeri et sera poursuivi aujourd’hui. Une statue de Matoub Lounès, réalisée par Hamid Aït Belkacem de la région Assi Youcef, sera érigée à Taourirt, en présence de tous ceux qui sont restés fidèles à Matoub, à son œuvre et à son combat. Hier matin, Malika Matoub et les membres de la fondation ont animé une conférence de presse à Tizi Ouzou pour livrer le contenu de cette année qui sera entièrement dédiée à Matoub. La sœur du Rebelle qui est aussi la présidente de la Fondation, a présenté la nouvelle équipe de son association. Elle a rappelé aux journalistes que depuis 2001, beaucoup de choses se sont passées en Kabylie. La fondation a résisté à toutes les campagnes de dénigrement dont elle avait fait l’objet. Pourquoi ce retour donc ? Il y a d’abord le cinquantenaire qui est un événement capital, mais aussi, expliquera Malika Matoub, le moment est venu pour semer l’espoir. “Nous invitons tous les représentants de la société civile, les associations, les artistes, les intellectuels pour participer à la réussite de l’année Matoub Lounès”, a affirmé Malika Matoub.

Cette dernière a noté que la Kabylie devra retrouver ses repères à travers l’esprit matoubéen. Malika a saisi l’occasion de cette année Matoub Lounès pour réitérer la réouverture du dossier de l’assassinat du Rebelle qui est le point phare de la famille. Malika Matoub dira qu’on ne peut construire une paix et un espoir sur le doute, on les construit sur la vérité. Sept ans après l’assassinat de Matoub, la vérité sur cet assassinat est incontournable pour dépasser ce que la presse appelle la crise de Kabylie, ajoutera l’intervenante. “On ne peut pas détacher la vérité sur l’assassinat de Matoub de ce qui se passe en Kabylie”. La Fondation a pour objectif de se consolider afin d’aller à la quête de la vérité. La fondation a une mémoire à préserver et un patrimoine à protéger. Malika Matoub ajoute : “Nous n’avons pas le droit de laisser le patrimoine de Lounès à l’abandon. La famille a pris des décisions courageuses. La maison de Lounès, tous ses objets et ses manuscrits et les prix qu’il a reçus deviendront le patrimoine culturel de la région. Nous avons entamé les démarches pour qu’il y est concrétisation de ce projet. A la fondation, nous avons pris du recul car nous étions la proie de plusieurs tentatives de déstabilisation.Nous avons mûri. La mémoire de Lounès est très convoitée. Sa mémoire doit être fédératrice de toutes les énergies qui aspirent à la vie”.

“Nous ferons barrage aux romantiques de la mort”

La jeunesse de Kabylie a besoin de vivre. Malika Matoub est catégorique : “Nous ferons barrage aux romantiques de la mort”, allusion à ceux qui envoient les enfants de la Kabylie à la mort pour négocier des strapontins au pouvoir. “La jeunesse de Kabylie a besoin de la paix, de s’instruire, de la justice…pour pouvoir continuer à lutter pacifiquement pour un avenir meilleur et à lutter pour que tamazight devienne une langue officielle.” Matoub Malika précise : “Nous avons tous une lourde responsabilité. Il est temps de faire un bilan objectif et penser à la génération de demain. Qu’allons nous leur léguer ? En tant que sœur du rebelle, je suis la gardienne du temple Lounès Matoub. Ce temple c’est à vous tous de nous aider et de contribuer pour qu’il continue à rayonner, même s’il nous a quittés physiquement.”

Pour Malika Matoub, les citoyens épris de justice et de réparation, jaloux de cette région doivent travailler la main dans la main. La résistance à l’air du temps continue car la vie est un combat quotidien. L’oratrice a indiqué que pendant longtemps, la fondation a été victime de désinformation. Aujourd’hui, elle renaît de ses cendres. “Nous nous sommes interrogés : faut-il s’arrêter ou continuer ? Nous avons décidé de poursuivre. C’est une lourde responsabilité. Il s’agit de la mémoire d’un mythe. La région de Kabylie a connu énormément d’événements. Pour certains cette jeunesse constitue les moutons de l’Aïd à chaque fois qu’on veut régler un compte. Je sais ce que Lounès ressentait pour la jeunesse en Kabylie. Pour perpétuer sa pensée, je dois continuer à semer la vie. La fondation est là pour défendre une ère nouvelle. Ce n’est pas une reddition, mais c’est une renaissance.” Le 12 octobre 1998, Malika Matoub rappelle que la fondation avait lancé un appel à la fraternité mais il s’est trouvé que la fondation n’avait pas les moyens de ses convictions. “Personne n’est venu nous demander les moyens de notre fondation, celle-ci est une association à caractère social, mais c’est tant mieux car c’est le côté qui ressort de la bonté de cœur de Lounès, lui qui avait cette écoute permanente envers les démunis, il était très proche des gens simples”.

Un cercle de réflexions sera lancé pour une démarche commune pour continuer le combat, lequel combat ne doit pas être un ring. “C’est plutôt pour la préservation de l’honneur de cette région et la préservation de la vie de nos enfants. Le patrimoine de Matoub fédère et ne divise pas. Matoub Lounès appartient à tout le monde”, dira sa sœur qui rappele que quand les jeunes viennent à Taourirt Moussa, ils se sentiront chez eux.

Malika Matoub, en réponse aux questions des journalistes ajoute : “L’élite kabyle doit prendre conscience, Lounès s’est sacrifié pour les siens. La fondation, pour réussir cette année a besoin des gens probes, de la bonne volonté pour l’accomplissement de cette mission. Personne ne peut dire à ma mère ou à moi d’arrêter. Nous irons jusqu’au bout. A côté, j’ai un enfant de sept ans qui s ‘appelle Fondation Matoub. Même si je ne connaîtrais pas la vérité sur l’assassinat de mon frère de mon vivant, je souhaite qu’elle jaillisse même après ma mort”. L’intervenante cite une chanson de Matoub “Ababa ruh” où ce dernier lui a laissé un testament suite à la mort de leur père “hader can ada miruh”. Elle dira que le 25 juin 1998, ell a tout perdu. “Je n’ai aucune attache familiale (en dehors de la mère) envers la Kabylie. mais tous les fidèles à Matoub sont les miens. Matoub a laissé une âme vivante qui interpelle tout le temps. C’est un aimant qui nous ramène tout le temps vers le lieu de notre naissance. La décantation continuera à aller de l’avant”. Malika Matoub reviendra à l’année Matoub Lounès en disant que tout au long des douze mois, toutes les dates phares seront commémorées en référence à Matoub qui a chanté sur tous les thèmes. Des rencontres scientifiques internationales sont même prévues à cet effet. A Paris, le 28 janvier sera marqué par une première activité qui ne sera pas la dernière bien évidemment. Le huitième anniversaire de son assassinat sera marqué par un grand événement à Alger. “Les enfants de Matoub vont visiter la capitale avec les couleurs de la Kabylie”.

Un journaliste interroge Malika sur son retour à la terre natale. “Mon départ en France en 1995 est lié aux kidnapping de Lounès. J’avais peur des représailles. j’ai rejoint Lounès, c’était un exil forcé. Aujourd’hui, je me prépare à revenir définitivement. Mon travail et ma mission sont beaucoup plus ici qu’ailleurs”. Dans la même conférence, Malika Matoub soulignera sur un autre chapitre. “Jusqu’au moment où je vous parle, la fondation n’a pas touché aucun centime des droits sur les disques de Matoub depuis sept ans”.

Concernant l’absence de la fondation de la scène depuis 2002, Malika Matoub dira qu’il y avait lors des événements certains calculs politiciens qui dépassaient la fondation et il fallait préserver le nom et la mémoire de Matoub Lounès, en laissant passer la vague. “Si nous n’avions pas fait ce repli sur soi, nous ne serions pas là aujourd’hui”, conclut Malika Matoub.

 
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