Célébration du Printemps berbère. L’amazighité en débat à Boumerdès - Site perso de Mohamed ZIANE-KHODJA

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Célébration du Printemps berbère. L’amazighité en débat à Boumerdès


       


Célébration du Printemps berbère

L’AMAZIGHITE EN DEBAT A BOUMERDES



© El Watan | Samedi 26 avril 2014 | 10:00
Ramdane KOUBABI


Selon les linguistes, la promotion de la langue amazighe passe par son enseignement de manière obligatoire à partir de la 1ère année primaire.

L’amazighité à travers l’histoire», tel est le thème qui a fait l’objet de débat, avant-hier à la maison de la culture Rachi Mimouni de Boumerdès, entre des chercheurs dans la langue, l’identité, la culture et l’histoire amazighs. Les participants à cette rencontre fort intéressante ont, chacun de son côté, rappelé les différentes périodes ayant marqué l’évolution de la langue amazigh ainsi que les contraintes qui retardé son développement. Pour Cherifa Bilek, directrice au Haut commissariat à l’Amazighité (HCA),  l’enseignement de cette langue doit être obligatoire et non pas facultatif. «En 1995, on avait démarré dans 16 wilayas du pays avec 233 enseignants et 37670 élèves. En 2012-2013, on a recensé 1664 enseignants et 234 690 élèves, dont 113 396 dans la wilaya Tizi Ouzou, mais la langue n’est étudiée que dans 11 wilayas du pays», précise-t-elle.

La wilaya de Boumerdès occupe, selon elle, la 5e  place en termes d’effectifs avec 23 670 élèves, 160 enseignants et 204 écoles. Boudjemaâ Aziri, docteur en linguistique a, quant à lui, abordé le rapport de tamazight avec l’arabe en soulignant que cette dernière n’a jamais constitué un obstacle, comme le pensent certains, pour la promotion de la première. Selon lui, le plurilinguisme est une culture bien ancrée parmi les habitants de la région de l’Afrique du nord. «Tamazight était pendant longtemps une langue vernaculaire tandis que l’arabe qui est venue avec les premiers messagers de l’islam est une langue de la liturgie», a-t-il expliqué avant de préciser qu’Ibn Toumert (1097-1130), avait même traduit des ouvrages d’arabe en tamazight. Durant la période du colonialisme français, le tamazight avait été exploité par les colons comme moyen pour diviser les Algériens, indique le conférencier. Mais cela n’a pas empêché, selon lui, certains chercheurs français de faire des recherches et des études sociolinguistiques sur la culture et l’identité amazighs. Poursuivant, M.Aziri affirme que le monolinguisme a commencé en Algérie en 1962. Durant les premières années de l’indépendance, tamazight n’était même pas tolérée à la radio. «Ben Bella disait que tamazight est une invention des colons», se rappelle-t-il. Cependant, en dépit des entraves dressées par les autorités, de nombreux militants ont bravé l’interdit et revendiqué la reconnaissance de leur identité en imposant l’enseignement de leur langue maternelle à l’école à partir de 1995 dans 16 wilayas du pays.

Arezki Grain, chercheur dans le domaine, lui réclame à ce que tamazight soit officialisée dans la prochaine constitution en vue de lui donner un statut juridique. Pour sa part, M.Dida Badi, a évoqué l’enseignement de la langue dans la région des Touareg. Il a expliqué que le nombre d’élèves qui l’étudient dans les wilayas du sud se réduit de jour en jour en raison du manque d’enseignants et d’encadrement. Selon lui, tamazight a cessé d’être enseignée à Illizi et Ghardaïa, alors qu’à Tamanrasset elle n’est étudiée que dans 6 CEM. Pourtant, les habitants de la région sont, dit-il, plus attachés à leur identité et n’ont connu le colonialisme qu’à partir de 1922. Le conférencier rappelle que même leur islamisation n’a pas été faite de manière forcée comme ce fut le cas dans certaines contrées de l’Afrique du nord et d’ailleurs.

 
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