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ALGERIE. « Il y a danger sur les libertés »

      VENDREDI 25 JUIN 2004  >>     2001 | 2002 | 2003 | 2004 | 2005


       


Algérie


" IL Y A DANGER SUR LES LIBERTES "



© l'Humanité | Vendredi 25 juin 2004
Hassane ZERROUKY


Journalistes emprisonnés. Depuis le siège de Reporters sans frontières, une délégation de journalistes algériens a lancé un appel à la solidarité internationale.

" La liberté de presse et d’expression est gravement menacée " ont souligné, en présence de Robert Ménard, président de RSF (Reporters sans frontières) une délégation de représentants de journaux algériens, Fatiha Benchicou, épouse du directeur du Matin emprisonné, Maître Ali Yahia Abdenour ( président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme et avocat de Benchicou et Ghoul), le secrétaire du SNJ (Syndicat des journalistes algériens) et le président du Comité de l’éthique et de la déontologie, Zoubir Soussi. Cette délégation s’est rendue ensuite à Bruxelles pour tenir une conférence de presse avant de rencontrer des membres de la Commission européenne et du Parlement européen.


Très digne, Fatiha Benchicou a expliqué que la peine infligée à son époux est très difficile à vivre et à organiser au quotidien pour elle, ses deux filles et son petit garçon de douze ans. " C’est à l’école, explique-t-elle, qu’il a appris l’arrestation de son père. Il est resté 24 heures sans manger ". Tout en demandant de ne pas oublier Hafnaoui Ghoul, l’autre journaliste emprisonné d’El Djazaïr news, condamné à deux mois de prison ferme, mais qui doit encore répondre de 29 plaintes en diffamation, elle a assuré que son mari a été condamné sur la base d’un " prétexte fabriqué de toutes pièces ". C’est ce qu’a d’ailleurs souligné, Omar Belhouchet, directeur d’El Watan : " Mohamed Benchicou n’a pas été condamné pour un délit de droit commun (...) Je vous assure qu’il n’y a rien de vrai dans cette histoire de bons de caisse. Benchicou a été sanctionné pour ses écrits, pour les positions exprimées par le Matin ". Il ajoute : Nous sommes là pour dire qu’il y a danger, qu’il y a une volonté délibérée de faire taire toutes les voix contestataires, à commencer par celles des journaux qui dérangent le pouvoir ". Il revenait à Maître Ali Yahia Abdenour d’expliquer que les bons de caisse découverts sur Mohamed Benchicou en août 2003 ne constituent nullement une infraction au règlement des changes. " Ce sont des titres de créances libellés en dinars et non en devises, déposés dans une banque algérienne et qui ne peuvent être retirés que dans la même banque. Ils ne sont pas négociables " assure l’avocat pour qui il s’est agit d’un " procès préfabriqué ", et que " la décision de l’emprisonner était prise avant le procès ". Il en veut pour preuve le fait que le procureur a mis trois minutes pour exposer les faits et requérir une peine de cinq ans. " La présidente du tribunal l’a condamné sans prendre la peine de lire les conclusions écrites déposées par la défense ". D’après lui, le pouvoir veut frapper la presse et à travers elle " frapper toute la société ". Pas question de changer la ligne éditoriale du Matin a déclaré Ghania Khelifi, rédactrice en chef du journal. " Nous n’avons aucun doute sur la nature du procès, c’est un procès politique (...) " a-t-elle souligné. Selon Rabah Abdellah, secrétaire du syndicat des journalistes algériens, 250 plaintes ont été déposées contre les journalistes dont certains sont " en liberté provisoire ". " Et si ça continue, nous irons faire des journaux en prison ". Un appel à la solidarité a été lancé aux confrères européens avant que Robert Menard n’assure que RSF mènera des actions pour " dépénaliser les délits de presse comme le recommandent les Nations unies ".


 
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