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© Algérie News | Dimanche 20 avril 2014 | 23:54
Massinissa BOUDAOUD


Le 20 avril 1980 est une date fortement symbolique. C’est tout simplement le premier printemps de l’Algérie postindépendance qui a devancé les autres printemps du monde arabe, bien qu’il n’y ait point de similitudes, ni approches comparées. Les événements, ayant suivi l’interdiction de la conférence sur les poèmes kabyles anciens devant être animée par l’anthropologue et écrivain Mouloud Mammeri, ont marqué des générations. La revendication de la reconnaissance de l’identité berbère, en tant que partie intégrante du socle national, a été aussi un prélude au multipartisme officiellement reconnu, neuf ans plus tard.

Cependant, au rythme des vicissitudes de la mémoire, la date risque de virer au mythe. L’actuelle génération perçoit la « révolte » de leurs aînés comme un conte pour enfants. Pourtant ses acteurs sont toujours vivants. L’encre des plumes d’écrivains et auteurs d’ouvrages relatant succinctement et aux moindres détails les circonstances n’a pas encore séché. 34 ans après, la question de la reconnaissance pleine et entière de l’identité et de la langue revient dans les discours des partis politiques. Certaines formations par calcul politicien, d’autres par surenchère. Durant la campagne qui a précédé l’élection présidentielle, l’ensemble des candidats ont évoqué l’officialisation, en commençant par Amar Ghoul, qui, lors d’une visite à Tizi Ouzou, n’a pas manqué de préciser que tamazight ne peut être qu’officielle. Louiza Hanoune a de tout temps fait de la constitutionnalisation de tamazight son cheval de bataille. Ce n’est pas uniquement durant cette campagne mais depuis belle lurette. L’officialisation de la langue de Jugurtha  est-elle un leurre ou une réalité ? Loin de la surenchère, il faut qu’une constitutionnalisation de tamazight implique un changement de gouvernance. Un texte, une fois introduit dans la loi fondamentale, aura une force juridique et administrative. Il y a deux types d’Etat, l’Etat fédéral et l’Etat unitaire. Ce dernier se subdivise lui-même en Etat unitaire centralisé (l’Algérie actuelle), l’Etat unitaire décentralisé et un Etat unitaire régionalisé. La nation est dans ce cas partagée en régions naturelles (et non administratives) qui seraient totalement autonomes puisqu’il y aurait dans chacune d’elles un exécutif et un Parlement. Le tout à côté d’un Parlement et un exécutif nationaux qui s’occuperaient des questions strictement régaliennes. Toute velléité d’autonomie autrement que par la décentralisation en tant que système d’organisation de la nation relève d’un processus de scission.

 
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