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ALGERIE. Justice - Presse. D'autres procès pour Ahmed Benaoum

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Presse

D'AUTRES PROCES POUR AHMED BENAOUM



© El Watan | Lundi 20 juin 2005
Djamel BENACHOUR


Sorti de prison dans la nuit du samedi 18 juin, après onze mois de détention préventive et une relaxe prononcée par le juge en début de soirée, Ahmed Benaoum devra se présenter le 25 juin pour un procès en appel concernant le local du journal Er Raï à Maraval.

Cette affaire, communément appelée SACOP, suite à une plainte des services des Domaines de la wilaya d’Oran, est déjà passée en première instance, et le concerné a été condamné à une année de prison ferme. Une autre affaire, pour diffamation cette fois, attend le propriétaire du groupe de presse le 22 juin. Le directeur de publication du journal Er Raï, qui a évoqué hier ses procès pour étayer la thèse d’un harcèlement dont est victime son patron, atteste que, concernant le deuxième cas, « cette fois, nous avons demandé que le plaignant, l’ancien chef de sûreté de wilaya, soit présent à l’audience ». Tout en étant satisfait du travail de la justice, grâce notamment au dénouement heureux du dernier procès qui reste le plus important, le même directeur de publication, qui cite en tout 16 plaintes déposées contre son journal et l’autre publication (Le Journal de l’Ouest), revient sur ces affaires pour évoquer l’autre préjudice, celui de la réputation qu’on a voulu ternir. L’affaire de la ferme appartenant au père de M. Benaoum a fait l’objet d’une plainte pour faux et usage de faux de la part des services agricoles. Il a été condamné à un an de prison en première instance et à trois mois avec sursis après introduction d’un appel. Plusieurs affaires civiles ont été intentées par l’OPGI dont le but était d’expulser le journal des locaux qu’il occupe à Sidi El Houari. Une plainte pour vol de matériaux a été également déposée par cet organisme, mais le prévenu a été acquitté comme il a bénéficié d’un non-lieu dans l’affaire l’opposant au même office concernant un local vendu pour l’aménagement d’une clinique. Des peines de 6 mois et 2 mois de prison ferme ont été prononcées suite à une plainte de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN). Des jugements, rappelle le même interlocuteur, pour lesquels une cassation a été introduite, et l’affaire est au niveau de la Cour suprême. Avant l’affaire l’opposant à l’administration fiscale, M. Benaoum a déjà été mis en garde à vue en mai 2004 pour l’affaire du vol des matériaux de construction, un fait remontant au milieu de la décennie 1990 et pour lequel le directeur de publication d’Er Raï a été également mis en garde à vue, dit-il, pour complicité. Ce dernier a finalement été entendu en tant que témoin, alors que son patron a été libéré, mais un mandat d’arrêt a été lancé contre lui par la justice quelques jours plus tard. Il passera plus d’une vingtaine de jours en prison et sera libéré le 25 juillet 2004. Le 27 juillet, l’administration des impôts Oran-Est dépose plainte et, raconte-t-on encore, le lendemain il sera arrêté chez lui vers 12h30 par la police qui s’est présentée avec un mandat de perquisition. Il sera arrêté pour évasion fiscale et faux et usage de faux. Ce dernier aspect porte sur la falsification d’un document, les statuts de création d’une entreprise de diffusion (Express) créée en 1992. Hormis la non-correspondance avec la copie délivrée par le notaire et dont l’accusé (pour son salut, car l’entreprise n’a pas activé) avait gardé une copie, ses avocats ont saisi par écrit le Centre national du registre du commerce sur l’existence de cette entreprise. Une réponse est parvenue faisant état de la non-existence de cette entreprise sur les fichiers du CNRC pour une recherche couvrant la période 1984-2004. Le centre a signalé cependant l’existence d’une société similaire dénommée Express-Diffusion créée en 2001. Ahmed Benaoum a été acquitté et deux représentants de Human Rights Watch, sceptiques, ont tenu à rester jusqu’à sa sortie de prison. Hier, ils devaient s’entretenir avec lui. Présent à l’audience au même titre que Hafnaoui Ghoul, Ali Yahia Abdenour a confié qu’il faut défendre le principe d’équité et de la liberté de la presse au-delà des préjugés idéologiques ou autres. Il évoque, à titre d’exemple, ceux qu’il a défendus et qui, plus tard ou avant, ne l’avaient pas ménagé par leurs critiques.

 
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