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Matoub Lounès. Chanter tue

Kabylie > Matoub Lounès > 2011
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CHANTER TUE


© El Watan | Dimanche 26 juin 2011 | 01:00
Chawki Amari

Chiffre porte-malheur ou pas, c’est quand même la 13e commémoration de la mort de Matoub Lounès et toujours pas d’avancées sur ce cas emblématique des années de terrorisme. L’Algérie officielle vit encore à un rythme de tortue asthmatique qui prend son temps en aspirant l’oxygène des autres, repoussant tout et n’importe quoi pour ne pas avoir à travailler, admettre et se justifier. Pourquoi 25 ans pour un métro, un siècle pour une démocratie et 13 ans pour un procès ? L’explication tient à un genre de profonde paresse intellectuelle doublée d’un mépris royal pour tous ceux qui attendent, divisant l’Algérie en deux entre ceux qui patientent et ceux qui possèdent l’heure, ces derniers étant généralement aux commandes.

Dans le cas du chanteur kabyle, le report perpétuel du procès de son assassin est bien sûr lié aux obscures circonstances du meurtre, le régime n’ayant jamais aimé les procès politiques, étant lui-même le premier suspect dans toutes les mauvaises politiques. Evidemment, ce report n’aide pas vraiment la situation à se normaliser. Qui refuse cette normalisation ? Le régime, encore coincé dans un anti-kabylisme primaire, allergique aux lois et à la justice, manipulateur sans conscience et calculateur sans humanité. Un procès aurait le malheur, pour lui, de rappeler à tout le monde sa nature. Un chanteur, farouche opposant au régime, se fait assassiner ; un suspect présumé est torturé pour qu’il avoue en être le responsable et son procès n’est toujours pas fixé au bout de 13 ans.

A travers ce cas d’école, tout l’historique des pratiques du régime apparaîtrait. Un chanteur assassiné est toujours quelque chose de dramatique. Dans le cas de l’Algérie, il aura été assassiné deux fois, la seconde étant peut-être la plus cruelle. A qui profite le pourrissement ? Celui qui détient la réponse à cette question est soit en exil, soit officier au DRS. Soit il est déjà mort.

 
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