Brahim Brahimi, président du Centre algérien pour la liberté de la presse (CALP) : «La situation est grave» - Site perso de Mohamed ZIANE-KHODJA

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Brahim Brahimi, président du Centre algérien pour la liberté de la presse (CALP) : «La situation est grave»

      JEUDI 19 MAI 2005   >>     2001 | 2005 | 2006 | 2007 | 2008


       


Brahim Brahimi, président du Centre algérien pour la liberté de la presse (CALP)

" LA SITUATION EST GRAVE "



© Le Soir d'Algérie | Jedui 19 mai 2005
Propos recueillis par: Sofiane AÏT-IFLIS


Le Soir d’Algérie : Le directeur de la publication du quotidien Le Soir d’Algérie, Fouad Boughanem, et le chroniqueur Hakim Laâlam, et auparavant d’autres journalistes d’autres titres, ont été condamnés pour délit de presse à des peines d’emprisonnement ferme. Quelle réaction cette situation vous suggère- t-elle ?

Brahim Brahimi :
Le premier communiqué du Calp est très clair. Nous avons demandé l’abrogation des amendements du code pénal relatif à la diffamation. Des amendements qui vont à l’encontre des lois internationales et même du code de l’information de 1990 qui avait supprimé l’offense au chef de l’Etat. Nous avons également demandé que les journalistes et, au-delà, l’ensemble des citoyens, ne soient pas emprisonnés pour leurs opinions. C’est scandaleux que des journalistes soient condamnés à la prison, que d’autres soient convoqués tous les mardis au niveau des tribunaux. Nous avons déjà relevé que l’année 2004 a été très dure pour la presse algérienne : deux années de prison pour Mohamed Benchicou, six mois pour Hafnaoui Ghoul et de nombreuses interpellations par la police judiciaire. L’Algérie est devenue la risée du monde, à tel point que des intellectuels qui nous ont aidés pendant la guerre de Libération reprennent aujourd’hui de militer pour défendre la liberté de la presse en Algérie. En témoigne la liste des 306 intellectuels publiée par la presse algérienne et qui se sont offusqués du comportement des autorités algériennes à l’encontre de la presse. S’ils ont décidé d’agir, c’est que la situation est très grave.

L. S. :
Votre organisation, engagée pour les libertés de la presse et d’expression, prévoit-elle d’entreprendre des actions de soutien aux journalistes et la presse algérienne ?

B. B. :
Le CALP doit se réunir pour déterminer une position. Mais ses membres sont autorisés à se prononcer à titre individuel sur des situations bien précises, comme c’est le cas à présent avec la condamnation à la prison ferme des journalistes du Soir d’Algérie. Il y a lieu, par ailleurs, de signaler que le Calp a une fonction de veille, d’alerte. Il signale les actions négatives ou positives des autorités en matière de liberté de la presse. Il prend position lorsqu’il constate des actions illégales, comme celles de ce procureur de la République qui a requis six mois de suspension à l’encontre du Soir d’Algérie. Aucun texte ne prévoit cela. Le Calp, enfin, élabore des rapports annuels sur la situation de la liberté de la presse qu’il diffuse à travers le réseau international de l’Ifex.

 
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