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Au-delà de la stigmatisation


       


AU-DELA DE LA STIGMATISATION



© El Watan | Mardi 22 avril 2014 | 10:00
Reda BEKKAT


L’interdiction de la marche pour la commémoration du Printemps berbère à Tizi Ouzou et sa répression augurent, sans doute, de cette «stabilité» vantée par tous les partisans du quatrième mandat. Et l’on n’aura pas manqué, dans foulée, de remarquer que le président Bouteflika, s’il a été prompt à réagir en pleine campagne pour la présidentielle et fustiger «le terrorisme électoral» dont auraient fait preuve certains candidats, n’a pas eu le moindre sentiment de compassion à l’égard des militaires assassinés par les terroristes à Iboudrarène, en Kabylie.

Pas le moindre communiqué de la Présidence, pas le moindre commentaire ni réaction officielle, comme s’il ne s’agissait pas d’Algériens victimes du devoir national. La promptitude à réagir par la répression à l’égard d’une manifestation commémorative ancrée depuis des décennies dans les traditions et dans la conscience collective donne lieu à toutes les interprétations. Le pouvoir ne tient-il pas à sanctionner ainsi une région frondeuse, rebelle, qui n’a pas caché son hostilité au quatrième mandat de Abdelaziz Bouteflika ?

Au-delà de cette volonté de stigmatiser une région fortement éprouvée au plan sécuritaire mais également au plan socioéconomique depuis des décennies, la réaction du pouvoir peut être interprétée comme le prélude, un avant-goût de ce qui attend les libertés fondamentales, comme les droits à l’expression, à s’organiser et à manifester, de la part d’un pouvoir autoritaire. Cela est encore plus source d’inquiétude, notamment après ce plébiscite factice obtenu au forceps en «surfant» sur les peurs entretenues à dessein chez les Algériens, laissant ainsi présager ce que sera son attitude, à l’avenir, à l’égard de la moindre opposition, de la moindre contestation.

Pas uniquement en Kabylie, mais partout ailleurs où des citoyens viendraient à exprimer leur «ras-le-bol». Et en cela, le régime actuel ne cache en rien sa tentation à se muer en système autocratique dans le sens où il ne reculera pas à abuser de tous les pouvoirs à sa disposition pour arriver à ses fins. Mais toute cette mise en scène qui veut qu’il garde la haute main sur tous les changements qu’il voudra bien opérer sous son contrôle étroit n’aura d’autre finalité que le maintien du statu quo mis en place depuis une quinzaine d’années au moins. En d’autres termes, il s’agira de donner l’illusion du changement afin que rien ne change dans le fond.

 
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