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Ali Dilem au rendez-vous de «dessins pour la paix»

      VENDREDI 17 MARS 2007   >>     2001 | 2005 | 2006 | 2007 | 2008


       


ALI DILEM AU RENDEZ-VOUS DE " DESSINS POUR LA PAIX "



© Liberté | Vendredi 17 mars 2007
Amine ALLAMI


Ali Dilem, caricaturiste à Liberté et à TV5, est actuellement à Genève en Suisse afin de participer à une initiative des Nations unies baptisée "Dessins pour la paix". Ils sont en fait sept caricaturistes venus d’Algérie, de Suisse, d’Iran, d’Israël, du Liban, de France et de Russie, à participer à cette rencontre internationale qui reflète l’état des libertés dans le monde et des sensibilités par rapport au dessin de presse. Dans son édition de samedi dernier, le journal suisse Le Temps a réuni les sept dessinateurs, et le caricaturiste du journal, en l’occurrence Chappatte, a demandé à chacun de ses confrères de présenter un dessin. Ali Dilem, dont le talent est reconnu au niveau international pour avoir reçu des prix dont le dernier fut aux USA, a évoqué à cette occasion les poursuites judiciaires dont il fait actuellement l’objet. Il a également affirmé que le pouvoir algérien ne peut pas faire l’économie d'un Dilem, pour donner des gages démocratiques. "On me laisse faire, tout en essayant de me contenir."

De son côté, Jean Plantu, le dessinateur vedette du quotidien français Le Monde, est revenu sur un dessin où il avait craint une incompréhension chez les lecteurs. "J'ai été content de lire des lettres de lecteurs qui me disaient : vous savez, votre barbu, il ressemble furieusement à Léonard de Vinci. Sans vraiment le savoir, c'était en fait exactement la réaction à laquelle je rêvais…" Pour le dessinateur israélien Kichka Michel, né en Belgique, la pendaison de l’ancien président irakien Saddam Hussein a été atroce. "Non seulement je suis opposé à la peine de mort, mais je n'ai pas besoin d'images pour savoir à quoi une pendaison ressemble", a souligné le caricaturiste pour qui son dessin reflète l’absence d’une solution en Irak occupé. De son côté, le dessinateur russe Zlatkovsky, dont la plume est reconnue internationalement dans ce sens où il a reçu plusieurs prix, a relevé la difficulté de publier des dessins touchant l’église orthodoxe, celle-ci étant devenue une composante officielle du pouvoir dans la Fédération de Russie. L’Iranien Hassan Karimzadeh, dessinateur indépendant travaillant pour de nombreuses publications iraniennes, dont le quotidien Eetemad-e Melli (confiance dans le peuple), fut condamné à dix ans de prison, 50 coups de fouet et 500 000 rials (70 fr) d'amende pour un de ses dessins en 1992. "Je voulais montrer dans une image, publiée dans le journal Les Femmes de demain, que même les femmes un peu fortes à l'extérieur peuvent être très fragiles à l'intérieur. On m'a reproché d'en profiter pour dessiner les courbes féminines. Le ministère de la Guidance islamique a écrit à la direction du journal, l'accusant d'utiliser cette représentation féminine pour vendre plus d'exemplaires. La directrice a été traînée au tribunal. Maintenant, lorsqu'il s'agit de dessiner une femme, je fais attention", a-t-il affirmé au journal suisse Le Temps.

Pour le Libanais Stavro, dessinateur depuis 1967, actuellement pour le quotidien Al Balad, pour le journal télévisé de la chaîne New TV, pour l'hebdomadaire satirique Ad Dabbour (la guêpe), ainsi que pour la Revue du Liban, où paraît sa rubrique hebdomadaire Jeux de maux, "en 2006, pendant la guerre, j'ai attaqué tout le monde : Israël, le Hezbollah... Chaque fois que je dessine un religieux, un cheikh, un patriarche, un curé, j'ai des réactions. J'ai été le premier à dessiner Nasrallah. S'ils ne faisaient pas de la politique, ces religieux, je ne les dessinerais pas. Au Liban, on a une liberté absolue, mais pas de démocratie."


Enfin, le caricaturiste suisse Chappatte qui exerce au journal Le Temps depuis 1998, et qui travaille aussi pour la NZZ am Sonntag et l'International Herald Tribune conclut que, "décidément, à l'ère d'Internet, les frontières n'existent plus, ni celles des cultures ni celles du bon goût".

 
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