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Affaire Matoub. «Disparition» d'un repenti

Kabylie > Matoub Lounès > 1999
      LUNDI 08  A DIMANCHE 21 NOVEMBRE 1999   >>     1994 | 1995 | 1998 | 1999 | 2000 | 2001 | 2003 | 2004 | 2005 | 2006 | 2007 | 2008 | 2009 | 2010 | 2011 | 2012 | 2013


       


Affaire Matoub

« DISPARITION » D'UN REPENTI


© Libre Algérie | Lundi 08  à Dimanche 21 novembre 1999
Abdelhaq Illeli


"Si vous avez des informations sur cette affaire, donnez-les moi, c'est la justice qui doit déterminer la responsabilité de tout acte répréhensible". C'est la réponse qui a été donnée par le ministre de la justice, M. Mekamcha, à un militant RCD, journaliste à Liberté, lors d'une conférence de presse le 06 octobre 1999. Ce journaliste avait interpellé le ministre de la Justice, déplorant que le nommé Chenoui, "impliqué dans l'affaire Matoub Lounès" ait bénéficié des dispositions de loi sur la concorde civile. Un autre journaliste (ex-membre de la direction nationale du RCD) a pris le relais de son confrère pour présenter Chenoui comme étant le coupable de l'assassinat, en juin 1998, du chanteur Matoub.

Ainsi, et après la parution dans Le Soir d'Algérie d'une lettre ouverte de la famille du "repenti" Chenoui Abdelhakim au chef de l'Etat, Mustapha Hammouche, chroniqueur dans le même journal a protesté contre cette parution. Révolté dit-il par "le triste destin" des uns et des autres, il accuse son journal (!) de "faute morale". "Hier, compagnon de combat de Matoub", Mustapha Hammouche se retrouve aujourd'hui à partager le même "support d'expression que les parents de son assassin" (sic !). Il est clair qu'à travers "l'engagement" de ces deux journalistes très proches du RCD, il y a dans l'affaire de l'assassinat de Matoub Lounès, un coupable : Chenoui Abdelhakim , et un verdict : la condamnation.

Un des membres de la famille Chenoui relate, dans les moindres détails, les faits de "l'enlèvement de son frère repenti", tels que rapportés dans la lettre adressée au Président et parue dans le Soir d'Algérie du 26.10.99. Les membres de cette famille confirment qu'il "s'agissait du député RCD, Noureddine Ait Hamouda, qui a accompagné les quatre civils qui ont emmené leur fils. Même le procureur de Tizi-Ouzou ne sait pas au juste où ils l'ont emmené. Il dit qu'il est à Alger, mais sans plus". Dans sa lettre ouverte, la famille demande au Président à ce que leur fils "soit jugé ou remis en liberté. Il ne doit pas être maintenu au secret et torturé pour lui faire dire ce que l'on voudrait entendre ". Cette dernière phrase est reprise dans le communiqué de la Fondation Matoub Lounes qui a réagit à l'article de Mustapha Hammouche du Soir d'Algérie en exigeant "une véritable enquête" sur l'assassinat du chanteur et appelle l'opinion "à déjouer toute manœuvre qui consisterait à substituer au véritable procès attendu, une mascarade".

Le député RCD Nordine Aït Hamouda, que rien n'impliquait officiellement dans cette affaire, semble maintenant, lui-même, se sentir concerné. Le témoignage de la famille Chenoui le montre. L'acharnement de quelques journalistes du RCD à vouloir désigner, coûte que coûte un coupable donne à cette affaire criminelle une nouvelle tournure. Noreddine Ait Hamouda, chercherait-il, par ses immixtions, à se faire justice lui même en s'associant au harcèlement du "repenti Chenoui" ou cherche-t-il un assassin, tout court ? C'est du moins ce que soulève les développements inattendus de cette affaire judiciaire, censée être en cours d'instruction.

Dernier épisode, toujours par le canal du Soir d'Algérie (2 novembre 1999), des artistes prennent la défense de Nordine Ait Hamouda en signant une pétition dans laquelle ils tiennent à dénoncer "des rumeurs relayées par des organes de presse étrangers" créant ainsi, une "confusion sur l'assassinat de Matoub Lounes". Ces rumeurs ont-ils rajouté "ont donné lieu à une grosse manipulation des islamistes et de leur relais visant à impliquer Nordine Ait Hamouda" dans l'assassinat de Matoub Lounes. Qui a impliqué Nordine Aït Hamouda ? Les pétitionnaires ne le disent pas explicitement. Du reste, avant d'être politique et idéologique, l'affaire Lounès Matoub est une affaire criminelle sur laquelle la justice tarde à faire la lumière. Mieux , son silence par rapport à ces derniers développements renforce le doute sur les tenants et les aboutissants de ce drame. Le silence du ministère de l'intérieur, chargé du suivi de l'application de la loi sur la concorde civile, loi dont bénéficie le nommé Chenoui Abdelhakim, accentue également ce doute, voire cette suspicion.

En tous cas, de nombreuses questions se posent. Où est détenu le repenti Chenoui et par qui a-t-il été arrêté ? Va-t-il rallonger la liste des milliers de disparus ? Aït Hamouda, le député, est-il membre de la commission de probation ? Y-a-t-il vraiment une instruction d'ouverte pour faire la lumière sur l'assassinat de Matoub Lounès ?

 
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