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Enseignement de la langue amazigh. 225.210 élèves encadrés par 1.694 enseignants à l’échelle nationale


       


Enseignement de la langue amazigh

225.210 ELEVES ENCADRES PAR 1.694

ENSEIGNANTS A L’ECHELLE NATIONALE



© El Moudjahid | Dimanche 20 avril 2014
Sara SOFI


L’enseignement de la langue amazigh et sa promotion au niveau national constituent l’une des priorités du ministère de l’Éducation nationale. Considérée comme deuxième langue nationale, cette matière regroupe quelque  225.210 élèves, encadrés par 1.694 enseignants. Elle est enseignée dans une dizaine de wilayas. Son introduction officiellement dans le système éducatif algérien a eu lieu, lors de la rentrée scolaire 1995/1996. Au plan universitaire, on compte 3.646 nouveaux diplômés sortants et 25 docteurs d’État en amazigh, en Algérie, et l’ouverture d’une nouvelle filière d’amazigh à l’université de Batna.

Selon la loi d’orientation, l’amazighité, en tant que langue, culture et patrimoine, est une composante intégrante de la personnalité nationale historique. À ce titre, elle doit bénéficier de toute l’attention et faire l’objet de promotion et d’enrichissement dans le cadre de la valorisation de la culture nationale. Elle appelle l’école à «faire prendre conscience à l’élève, quelle que soit sa langue maternelle et quel que soit son lieu de résidence, des liens qui l’attachent à cette langue, notamment par l’enseignement de l’histoire ancienne de l’Algérie (et du Maghreb), de sa géographie et de sa toponymie». Il s’agit, toujours selon cette loi, «d’affermir et de promouvoir la dimension amazigh  dans tous ses éléments constitutifs (langue, culture, profondeur historique et anthropologique) dans le cursus éducatif, de la mettre en place progressivement, en dotant l’enseignement de la langue nationale amazigh  de moyens didactiques et pédagogiques appropriés, ainsi que de moyens pour la recherche». «L’Algérien devra pouvoir apprendre cette langue nationale. L’État devra mettre en œuvre, tous les moyens humains, matériels et organisationnels afin d’être en mesure de répondre progressivement à la demande partout où elle s’exprime sur le territoire national», stipule la loi d’orientation.

Mais, depuis son introduction à l’école, l’amazigh perd du «terrain», un peu plus chaque année. Le «territoire» de son enseignement se rétrécit comme peau de chagrin. Les statistiques fournies par le Haut-Commissariat à l’amazighité (HCA) indiquent un net recul du nombre d’élèves recevant des cours d’amazigh de 36,06%. Sur 352.256 inscrits en 1995/1996, on note une déperdition de 127.046 apprenants qui ont abandonné cette matière. Dans plusieurs wilayas, l’enseignement de l’amazigh a carrément cessé, s’inquiètent les représentants du Haut-Commissariat à l’amazighité. C’est d’ailleurs le cas de la wilaya de  Tipasa, où l’amazigh a disparu du programme en 1999, ou encore d’Illizi et d’Oran qui ont abandonné cette langue, respectivement en 2000 et en 2002. De son côté, la wilaya de Ghardaïa compte une timide relance des cours enregistrée en 2003, après une rupture de l’enseignement en 2000, mais cette reprise s’est éteinte en 2009. À Biskra, plus aucune trace de l’amazigh depuis 2010.

Une offre à tracer selon la demande

Au niveau de la capitale, 349 élèves suivaient des cours d’amazigh en 1995 ; ils ne sont plus que 40 aujourd’hui. Sur les 16 wilayas ayant connu le lancement de la première promotion d’apprenants de cette langue, elles ne sont plus que 11 à poursuivre la formation, aujourd’hui. Le chiffre est appelé à la baisse, vu les indicateurs au rouge dans certaines wilayas, même s’il y a lieu de noter que la wilaya de Bordj Bou-Arréridj a vu le lancement de l’enseignement de cette matière en 2010, avec 9 classes. Selon le HCA, le caractère facultatif de cette matière pèse lourdement sur ce résultat. Le maintien de cette spécificité est en train d’affaiblir les résultats positifs qu’enregistre l’enseignement de cette langue. Pour le ministère de l’Éducation nationale, l’ouverture de classes pour dispenser des cours d’amazigh se fait «selon la demande». D’ailleurs, sur la question de généralisation de l’amazigh et de l’obligation de son enseignement, le premier responsable du secteur estime que «cela dépend du choix de huit millions d’élèves, ainsi que des moyens humains et matériels dont disposerait le secteur».

Dans son plan de travail, le Haut-Commissariat à l’amazighité a tracé une feuille de route pour l’amélioration de la qualité de l’enseignement et la formation des ressources humaines. Il s’agit d’adosser une démarche pragmatique, avec l’obligation de résultats, afin de permettre de traduire sur le terrain, la dimension nationale de l’amazigh, en portant son enseignement dans plusieurs régions du pays comme Tlemcen, El- Bayadh, Ouargla, Tébessa, Naâma…

La qualité du livre scolaire et l’élargissement de l’introduction de l’amazigh dans les programmes des radios régionales sont les autres satisfactions enregistrées dans ce domaine, avec  la nécessité de faire, aujourd’hui, un état des lieux de l’enseignement de l’amazigh en Algérie, qui permet de consolider les acquis, tout en essayant de trouver des solutions aux problèmes en suspens.

Tout en déplorant la régression, ces dernières années, de l’enseignement de la langue amazigh dans les écoles, le HCA appelle à une révision de la stratégie adoptée dans ce domaine pour une meilleure prise en charge de cette question d’intérêt national.

 
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