Jean El-Mouhoub Amrouche     Une personalité, une oeuvre multiple     Image de soi et altérité coloniale     Le dilemme d'une solidarité controversée     Le poète de l'Algérie immémoriale     Le passeur kabyle     La saga des Amrouche     Le voleur de feu     Ighil Ali, comme un poème de Jean Amrouche     Une littérature d'exil et d'angoisse     S'émouvoir et se confesser en kabyle     L'homme qui pleurait en berbère     L'écrivain retrouve sa colline     La résurrection de Jean Amrouche     Les lumières de l'éternel Jugurtha     Un homme à la grande dimension humaine     

 

 

 

 

 

 

 

15 novembre 2005

Présenté aux éditions du Tell, cet ouvrage de Réjane Le Baut relate le parcours riche et multiple de Jean Amrouche à travers divers chapitres, notamment les jalons biographiques, synopsis des œuvres, les grands thèmes, morceaux choisis, études et témoignages, et registres d’expression.

      Né un 7 février 1906 à Akbou, Jean El Mouhoub, "cet inconnu" comme le désignait Kateb Yacine, s’est démarqué par la pluralité de ses modes d’expression.
      Poète lyrique, en raison de sa forte sensibilité à percevoir le monde, il développe des thèmes lyriques universels comme son obsession de la mort, son besoin de tendresse, son sentiment du péché, son amour pour sa patrie, pour ses paysages et ses habitants.
      Avec son second recueil de poèmes, "Etoile secrète", il abordera le thème religieux, et son désir de pureté. Pour lui, la poésie est avant tout un "exercice spirituel". Lors de la guerre de Libération nationale, il devint un poète engagé "abandonnant le ton plaintif de sa jeunesse". C’est avec des mots acerbes, violents, subversifs qu’il décrit l’horreur coloniale. Critique littéraire, il appréhende "un auteur avec une rigueur dans l’analyse, l’empathie et l’enthousiasme convaincant", selon les termes de l’auteur.
      Tour à tour, Jean El Mouhoub Amrouche a été conférencier, diariste, épistolier. Dans son registre de diariste, il relate avec précision et une régularité les évènements de sa vie. Il s’inscrit dans le genre littéraire des écrits intimes. A ce sujet, il précise : "Ce qui fausse la plupart des journaux intimes, c’est qu’on n’y écrive que pour se plaindre et tenter de s’accrocher à une bouée. Tout ce qui est pleinement vécu et assumé est comme consumé dans l’acte même de vivre, et il n’en subsiste rien, pas même des cendres, tout au moins aux yeux de l’écrivain.
      Ceci est sans doute d’une vérité générale. Mais particulièrement de moi. Mon journal est mon mur des lamentations. Essayer, après en avoir pris conscience, de lutter contre ce fâcheux penchant."
      Selon Réjane Le Baut, le volet épistolaire met en relief à travers ses missives, un homme en proie "à un besoin d’amitié, de tendresse humaine et un remède à son vécu de solitude fondamentale".
      En dernière partie du livre, des témoignages d’auteurs racontent Jean Amrouche, un auteur prolifique aux diverses facettes littéraires.
      Pour Mohamed Dib, "Il incarne la fidélité et l’ouverture d’esprit, l’intégrité et la tolérance, la réflexion lucide et le courage intellectuel, le tout est allié au talent d’écrivain et de poète le plus sûr". Indéniablement, l’œuvre de Amrouche a été porteuse de valeurs universelles. De par ses messages empreints de tolérance et de liberté, cet écrivain talentueux n’a cessé d’œuvrer et de clamer haut et fort pour une authentique universalité fraternelle, et pour une Algérie ouverte et moderne