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26 janvier 2006
La Fédération internationale des journalistes (FIJ) a condamné, hier, l'arrestation de Bachir Larabi, correspondant du quotidien arabophone El Khabar, condamné par défaut à un mois de prison ferme puis interpellé et mis sous mandat de dépôt dans la nuit du 21 janvier dernier sur ordre du président du tribunal de Naâma (Sud-Est algérien).
“L’arrestation de M. Larabi est un moyen commode de le réduire
au silence”, a déclaré Aidan White, secrétaire général
de la FIJ. “Les autorités algériennes mettent une fois de plus
en cause leur crédibilité : elles doivent au plus vite organiser
un procès pour exposer les arguments leur permettant de jeter en prison
un journaliste qui n’a fait que son travail”. Le détenu, dont l’état
de santé ne cesse de se détériorer suite à la grève
de la faim qu’il observe, est actuellement incarcéré à
la prison de Aïn Sefra, une centaine de kilomètres à l’ouest
de la ville de Naâma. Il est poursuivi en justice pour diffamation suite
à une plainte déposée par le président d’une association
caritative, bénéficiaire du don d’un lot de terrain de 1 000 m2.
“Le journaliste a tout simplement relevé dans un article, publié
en 2003, que les autorités locales ne devaient pas signer une décision
d’attribution d’un terrain au nom de la personne du président de cette
association, alors que le don est en fait destiné à l’association
elle-même”, a indiqué Mahmoud Belhimer, rédacteur en chef
adjoint du quotidien El Khabar. “M. Larabi, qui n’a cessé de subir un
harcèlement de la part de quelques responsables locaux, a fourni un dossier
à la justice prouvant la véracité de l’information qu’il
a révélée”. Les déboires du journal El Khabar
ne s'arrêtent pas là. Le procureur de la République de la
ville d'Oran a requis, hier, une double peine de trois mois de prison ferme
à l'encontre de son directeur Ali Djerri et du responsable du bureau
local Lahcène Bourbia.
18 journalistes ont été
condamnés à la prison ferme par la justice algérienne au
cours de la seule année 2005.
Il s’agit de Farid Alilat (1 année) ; Fouad Boughanem (1
année) ; Sid-Ahmed Sémiane (1 année) ; Kamel Amarni (1 année)
; Ali Dilem (1 année) ; Malika
Boussouf (6 mois) ; Hakim Laâlam (6 mois) ; Nacer Belhadjoudja (6 mois) ; Mohamed
Benchicou (5 mois et en prison
depuis 2004) ; Yasmine Ferroukhi
(3 mois) ; Youcef Rezzoug (3
mois) ; Djameleddine Benchenouf (3 mois) ; Abla
Chérif (2 mois) ; Badis Massaoui (2 mois) ; Hassane Zerrouki (2 mois) ; Ghanem
Khemis (2 mois) ; Abdelkader Djemaâ
(2 mois) ; Abder Bettache (2 mois). Des
dizaines d’autres journalistes ont été condamnés à
des peines de prison avec sursis.
Le 13 novembre 2005, le tribunal de Mostaganem a, notamment condamné
quatre correspondants de presse à des peines allant de 3 à 6 mois.
“La justice algérienne place les quelques voix indépendantes sous
une véritable épée de Damoclès”, a déclaré
Aidan White. “Les journalistes sont personnellement mis en cause par tout l’appareil
d’État, et la survie des journaux est menacée par des amendes
systématiques utilisées comme moyen d’intimidation”.
La Fédération internationale des journalistes suit avec beaucoup
d’inquiétude l’évolution de la santé des deux journalistes
emprisonnés. Elle appelle la communauté internationale à
agir avec force contre ces menaces inacceptables sur la liberté d’expression
en Algérie.