Assia Djebar Escritora y cineasta Assia Djebar, pseudonym of Fatima-Zohra Imalayène Assia Djebar, Dicthterin, Historikerin, Filmemacherin Prix de la Paix 2000 des libraires et éditeurs allemands L'oeuvre d'Assia Djebar Assia Djebar, par Beida Chikhi La Maison des Écrivains rend hommage à Assia Djebar Nomade entre les murs Discours à Frankfurt: Idiome de l'exil et langue de l'irréductibilité L'amour, la fantasia Un écrivain, une femme Assia Djebar élue à l'Académie française Le sacre de l'Algérie qui avance Les palmes et le palmier «Hommage Immortelle» Une cherchelloise parmi les grands Notre honorable aînée Figure marquante de la littérature algérienne «Les Nuits de Strasbourg», ou l'Érotique des langues «La Femme sans sépulture» Assia Djebar honorée par le président Carlo Ciampi Le prix Nobel 2004 ira-t-il à Assia Djebar? Écriture autobiographique dans l'oeuvre d'Assia Djebar Écriture et interdit dans l'autobiographie d'Assia Djebar

![]()


![]()
18 juin 2005
La romancière et cinéaste Assia Djebar a été élue jeudi passé à la plus prestigieuse institution littéraire de France, l’Académie française. C’est un événement capital non seulement sur le plan culturel, mais aussi sur les plans civilisationnel et politique, sachant que celle qui portera la toge académique est une femme algérienne contre la discrimination basée sur le sexe comme elle représente la frange la plus éclairée de la société algérienne et qui a besoin de la reconnaissance des siens d’abord et des institutions culturelles internationales ensuite. Il se trouve que, dans la médiocrité ambiante et la perte de repères culturels viables, notre écrivain — à l’instar des éléments de l’élite exilée ou décimée par le terrorisme islamiste — est frappé d’ostracisme et de défiance à la mesure du pesant de “poudre” qu’elle vaut, pour paraphraser Kateb Yacine.
A la veille du choix du récipiendaire du prix Nobel de Littérature
2004 auquel Assia Djebar était candidate, nous écrivions dans
“La Dépêche de Kabylie” du 7 octobre dernier : “Quel que soit le
verdict de l’Académie suédoise quant au prochain récipiendaire
du prix Nobel de littérature, la seule évocation du nom d’Assia
Djebar comble de bonheur et emplit de fierté tous les Algériens
jaloux de leur pays, des acquis de la culture universelle et des valeurs d’émanicipation
de la femme”.
Le choix du jury du Nobel étant autre — la partialité et le manque
de transparence de ce noble aréopage ont conduit Jean Paul Sartres en
1964 à refuser ce prix —, l’auteur des “Enfants du nouveau monde”, celle
qui fut appelée, peut-être trop superficiellement, la Françoise
Sagan algérienne voit, huit mois plus tard, son ciel briller de mille
étoiles, les étoiles de l’institution fondée par Richelieu
en 1635. Généralement, la toge académique est mieux perçue
et plus valorisée au sein de la classe intellectuelle et du monde littéraire.
Elle ouvre la porte de “l’immoralité” telle qu’elle était conçue
par les pères fondateurs.
Parmi les illustres étrangers qui ont siégé à l’Académie
française, il y a Léopold Sédar Senghor, ancien président
du Sénégal et champion du concept de négritude. Avec l’élection
d’Assia Djebar, c’est “la famille qui avance”, telle que la voulait Tahar Djaout,
qui est en train d’inscrire sur le fronton des lieux les plus prestigieux de
la pensée le nom de l’Algérie ; l’Algérie du labeur, de
l’authenticité et la modernité. L’Algérie du combat des
femmes contre l’injustice du Code de la famille et contre l’obscurantisme moyenâgeux
dont les premières victimes sont les femmes. Notons également
que c’est par le moyen du “butin de guerre” qu’est la langue française
— longtemps tenue en suspicion par une idéologie arabo-islmaiste débilitante
et un pouvoir hégémonique — que notre pays entre dans l’auguste
assemblée des Immortels. Une belle revanche de l’histoire qui honore
non seulement l’Algérie mais aussi tout le Maghreb dont la littérature
est l’une des plus riches de l’aire culturelle francophone, comme elle inaugure
sans doute une ère d’ouverture de la prestigieuse académie aux
femmes et aux hommes des autres horizons qui ont eu à se distinguer par
un apport culturel et intellectuel de qualité.