Assia Djebar Escritora y cineasta Assia Djebar, pseudonym of Fatima-Zohra Imalayène Assia Djebar, Dicthterin, Historikerin, Filmemacherin Prix de la Paix 2000 des libraires et éditeurs allemands L'oeuvre d'Assia Djebar Assia Djebar, par Beida Chikhi La Maison des Écrivains rend hommage à Assia Djebar Nomade entre les murs Discours à Frankfurt: Idiome de l'exil et langue de l'irréductibilité L'amour, la fantasia Un écrivain, une femme Assia Djebar élue à l'Académie française Le sacre de l'Algérie qui avance Les palmes et le palmier «Hommage Immortelle» Une cherchelloise parmi les grands Notre honorable aînée Figure marquante de la littérature algérienne «Les Nuits de Strasbourg», ou l'Érotique des langues «La Femme sans sépulture» Assia Djebar honorée par le président Carlo Ciampi Le prix Nobel 2004 ira-t-il à Assia Djebar? Écriture autobiographique dans l'oeuvre d'Assia Djebar Écriture et interdit dans l'autobiographie d'Assia Djebar

![]()


![]()
18 juin 2005
C’est
la première personnalité maghrébine à se frayer
une place parmi les “immortels”. Assia Djebar, écrivaine de grand talent
et cinéaste, porte-voix de l’émancipation de la femme en Algérie,
a été élue jeudi dernier à la prestigieuse Académie
française —devançant de quelques voix l'écrivain Dominique
Fernandez —, où elle occupe désormais le fauteuil du constitutionnaliste
Georges Vedel, mort en 2002. Son élection a été saluée
hier, dans un communiqué, par le président français
Jacques Chirac qui s’est “réjoui de ce choix qui dit aussi notre attachement
à tous ceux pour qui notre langue demeure symbole de liberté et
de fraternité”. Déclaration relayée par celle du Premier
ministre, Dominique de Villepin, qui y voit “la juste reconnaissance du talent
d'une femme de cœur”.
De ce côté-ci de la Méditerranée,
jusque dans l’après-midi d’hier, aucune réaction officielle n’a
été enregistrée. L’écrivain Waciny Laredj, cité
par l’AFP, a regretté le fait que les officiels algériens gardent
le silence devant cette “fierté nationale”. “Le traitement de cette information
par la Télévision nationale comme un fait banal m'a sidéré”,
a-t-il déploré, en estimant que “les pouvoirs publics, en premier
lieu le chef de l'État, devraient réagir”. Saïd Boutajine,
critique littéraire et auteur en langue arabe, qui s’est dit “très
heureux pour l'Algérie et pour Assia qui a une dimension colossale, de
la même lignée que Mohamed Dib”, a souhaité, pour sa part,
que cette reconnaissance “ne sera pas exploitée politiquement, notamment
pour le compte de la francophonie ou par les adversaires de la langue française
pour dénigrer les auteurs s'exprimant dans cette langue”. Intervenant
sur les ondes de France-Info, Assia Djebar s'est dit “contente” de
faire partie des 40 membres de la plus vieille institution française
du genre “pour la reconnaissance
que cela implique pour la littérature francophone de tous les autres
pays, y compris évidemment du Maghreb, (...), mais aussi de tous les
pays africains”. Au moment
où elle a accepté de répondre favorablement à la
proposition de poser sa candidature, l’écrivaine avait “réfléchi
effectivement par rapport à l'Algérie et par rapport aux années
noires, à la décennie noire de 1990, où tant d'amis à
moi francophones l'ont payé de leur vie”. Assia
Djebar a été une pionnière bien avant d’être la première
femme maghrébine à occuper un fauteuil à l’Académie
française. En 1955, elle avait été la première femme
algérienne admise à l’École normale supérieure de
Sèvre. Revenue avec un doctorat de l’Université de Montpellier,
elle intègre la faculté d’Alger aux premières heures de
l’Indépendance, où elle enseigne l’histoire jusqu’en 1965, puis
la littérature française et le cinéma entre 1974 et 1980.
De son vrai nom, Fatima-Zohra Imalyène, née en 1936 dans la petite
localité balnéaire de Cherchell, à l’ouest d’Alger, elle
publie son premier roman, La
Soif, à l’âge
de 19 ans, en 1955, ce qui lui valut la comparaison par la critique d’alors
avec Françoise Sagan. Après avoir sorti deux romans en 1967, Les
Enfants du Nouveau Monde
et Rouge
l’Aube, elle réalise
son premier long métrage, Nouba
des femmes du mont Chenoua,
qui a reçu le prix de la Critique à la Biennale de Venise en 1979.
À partir de 1980, elle s’installe à Paris où elle entame
la rédaction de Femmes
d’Alger dans leur appartement,
recueil de nouvelles, devenu depuis sa sortie un classique dans de nombreux
pays francophones, réédité en 2002 avec des indédits.
La même année est sorti son dernier roman La Femme sans sépulture, hommage à une héroïne de la guerre
d’indépendance dont les enfants n’ont jamais pu enterrer le corps. Traduite
dans une vingtaine de langues, l’écrivaine a été consacrée
en 2000 par le prix de la Paix des éditeurs et libraires allemands pour
son engagement “en faveur des femmes des sociétés musulmanes”
et a “frôlé” le prix Nobel de littérature en 2004. Élue
en 1999 à l’Académie royale de Belgique, elle est nommée
Commandeur des Arts et des Lettres en France et a reçu la Grande médaille
de la francophonie en 2001. Vivant entre Paris et les États-Unis, l’écrivaine
enseigne actuellement la littérature à l’Université de
New York. Durant la décennie noire, elle s’était rendue
une seule fois en Algérie, c’était pour l’enterrement de son père.